La hausse de 35 francs CFA sur le prix du kilogramme de sucre n’est pas du gout des associations de consommateurs et ce que le ministre du Commerce a tenté de justifier en arguant que et à en croire le directeur du Commerce intérieur : « le prix du sucre en poudre qui est passé de 600 francs à 635 francs, voire 700 francs Cfa le kg se justifie par la nécessité de permettre à la Compagnie sucrière sénégalaise de vendre ses produits et offrir aux Sénégalais les quantités requises sur le marché. »
Une thèse que réfutent les organisations consuméristes, notamment l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), on dénonce un sabotage de la ministre du Commerce et des pme.
Momar Ndao et compagnie parle de sabotage, parce qu’actuellement, on est en train de procéder à l’élaboration d’une nouvelle équipe gouvernementale. Donc, ce n’est pas le moment de prendre des arrêtés dans ce sens-là», a-t-il réagi. Pour lui, ce sont les affaires courantes qui doivent être évacuées en ce moment.
Le sucre étant un produit homologué, la modification de son prix devait respecter une procédure bien définie. «Il doit y avoir des comités techniques qui vont travailler avec les différents experts, les consommateurs, l’Administration, les industriels, les commerçants… sur la structure du prix et qui vont faire une proposition au Conseil national de la consommation. Celui-ci, présidé par la ministre du Commerce, est composé de l’Administration, des consommateurs, industriels, distributeurs et même de la presse», explique M. Ndao. C’est donc le Conseil national de la consommation qui apprécie les propositions techniques faites par le comité technique et ce n’est qu’après avoir adopté ces propositions que le Conseil national de la consommation propose une modification des prix en hausse ou en baisse.
D’après le président de l’Ascosen, c’est sur la base de cette proposition que la ministre du Commerce prend un arrêté pour valider la décision prise en Conseil national de la consommation.
«La manière de faire est anormale. En fait, quand vous fixez un prix au détail, vous devez en fixer au gros, au demi gros, au producteur et à l’importateur. Si vous fixez le prix au détaillant à 625 le kg, ce dernier doit l’acheter à un prix qui lui permet de vendre à 625 et d’avoir sa marge. Or, nous avons reçu beaucoup de réclamations de détaillants qui ont acheté le sac de 50 kg à 31 mille francs Cfa. A ce prix, ils auront des difficultés pour vendre le kg à 625 francs. Ce qui fait qu’il y a une pénurie constatée depuis quelque temps dans certaines zones et les commerçants les plus téméraires sont en train de proposer le kg de sucre à 700 francs», détaille Momar Ndao.

