De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
La Saint-Valentin fait figure d’événement calendaire incontournable au Sénégal et un peu partout dans le monde car l’amour est universel. Et, à Saint-Louis, les populations de l’Ile Bleue sont aujourd’hui partagées entre moment romantique pour certains et pour d’autres fête purement commerciale. Mais quoi que l’on puisse en dire, la Saint-Valentin ne laisse pas indifférent !
C’est un reportage d’Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Sur l’avenue Khalifa Ababacar SY Ex André Lebon en centre-ville, une jeune dame bien dotée par dame nature, sort d’une boutique de prêt-à-porter chargée de deux grands sachets qu’elle range soigneusement dans le siège arrière de sa voiture. Yvonne Seck, responsable du marketing et de la clientèle d’une entreprise agricole de la place, soutient être prête à faire de folles dépenses pour combler son petit copain en cette fête de Saint-Valentin. « Je ne compte pas m’arrêter de ces achats. En dehors de ce costume et des chaussures, je lui offre également un diner à la chandelle dans l’un des plus chics restaurants de la ville. Je fais toutes ces dépenses pour lui témoigner tout mon amour », a soutenu Mlle Seck.
La célébration de la Saint-Valentin commence à prendre des proportions excessives dans la région Nord. Difficile de circuler sur les grandes avenues commerçantes et autres marchés de la capitale de Saint-Louis sans remarquer des signes ou décorations qui renvoient à la fête des amoureux. Devant les magasins et boutiques de prêt-à-porter de la ville, les commerçants ont plaqué quelques affiches pour rappeler aux clients l’évènement.

Un sentiment d’amour qu’elle partage avec le jeune Amath Soumaré, bien sapé dans son ensemble costume bleu. Ce dernier cherche un cadeau dans un magasin du marché Sor pour sa douce moitié. « C’est mon premier cadeau de Saint-Valentin après mariage. Je me suis un nouveau marié, comme depuis quelques années, on la fête en amoureux avec de jolis cadeaux, je ne veux pas déroger à la règle. C’est pourquoi je l’offrirai un nouveau téléphone de classe pour lui renouveler toute la tendresse et l’amour que je ressens en elle » a-t-il avancé.

Pourtant cette ambiance festive de la Saint-Valentin, n’est pas partagée par certains saint-louisiens. Selon ces derniers, les populations ont d’autres priorités que de faire de folles dépenses dans des magasins ou dans des restaurants pour une nuit. Pour Mame Ngoné, seuls les jeunes couples qui n’ont pas de grandes charges familiales peuvent se le permettre. « Il est impensable de dépenser des centaines de mille pour une fête européenne alors qu’il y a des priorités qui attendent ailleurs. On peut offrir des cadeaux à son amour mais il faut savoir raison garder et s’interdire certains dérapages » a confié Mme Diagne. D’ailleurs cet argument de la dure conjoncture est fortement appuyé par Alioune Niang. Cet instituteur à la retraite, rencontré sur l’Avenue Degaulle vers le Pont Faidherbe, est de ceux qui ne voient pas l’utilité de célébrer la Saint-Valentin sous nos cieux.
«C’est une fête étrangère qu’on veut nous imposer. On n’y gagne rien du tout. Les seuls bénéficiaires de la fête se sont les commerçants des magasins et boutiques de prêt-à-porter. C’est bon de faire plaisir à son époux ou sa femme, mais le contexte actuel ne le favorise pas. Les gens ont plus besoin de quoi se nourrir qu’autre chose », a expliqué M. Niang.

