De Adama SENE correspondant de Teranganews à Saint-Louis
A l’image des autres régions du pays, le secteur du transport a été fortement paralysé dans Saint-Louis et ses environs. Les transporteurs de la région Nord ont largement suivi le mot d’ordre de grève générale de 48 heures, décrété par les responsables des 14 syndicats du transport routier. Un mouvement d’humeur qui a occasionné de nombreux désagréments aux usagers dans leurs déplacements.
C’est un décor inhabituel que les populations de Saint-Louis ont constaté hier sur les routes de la commune et dans les gares routières. A la gare routière municipale de Sor Diagne, aucun mouvement de véhicules n’a été noté et l’ambiance des grands jours complétement absente. Seules quelles voitures sont visibles sous des hangars désertiques. Il n’y a l’ombre ni d’un marchand ambulant ni d’un talibé trainant sur les lieux. A cause de la grève des transporteurs, le long de la route de Pikine est transformé en parking. Taxis, cars rapides, bus Tata, camions, clandos, sont tous mis à l’arrêt sur les bas-côtés. Une situation qui a occasionné de nombreux désagréments dans la mobilité des populations. Les activités des usagers ont été perturbées surtout pour ceux qui ne disposent pas de moyens de déplacements personnels. Ainsi pour faire leurs courses ou se rendre à leurs lieux de travail, les saint-louisiens ont recouru à la marche, aux deux-roues ou aux charrettes.
Dès les premières heures de la matinée les responsables syndicaux de la région avaient pris d’assaut les points stratégiques de la ville pour inviter les chauffeurs défaillants au mouvement de ranger leurs voitures. Une opération de dissuasion qu’ils ont vite réussie. Puisqu’avant 07 heures du matin, les routes étaient complétement désertes. Il n’y avait ni taxis ni cars rapides, ni véhicules interurbains dans la circulation. A en croire le président du regroupement des chauffeurs de la région Nord, la grève de l’intersyndical national des transports routiers a été fortement suivie par les chauffeurs et transporteurs de la région de Saint-Louis. « Nous nous excusons auprès de tous les usagers car si le transport est paralysé, c’est tout le pays qui le ressent mais les transporteurs n’ont pas le choix. Nous sommes obligés de suivre le mot d’ordre de nos syndicats pour ces quarante-huit heures. C’est notre dernière arme pour que les autorités de ce pays nous prêtent une oreille attentive afin de résoudre les récurrents problèmes du transport » a déclaré Birane Seck.
Motos et charrettes se frottent les mains
Mais comme le malheureux des uns fait le bonheur des autres, la grève des transports routiers a été une véritable aubaine pour les charrettes et les deux-roues. Pour rallier le centre-ville et les différents marchés de la commune, ils ont été portés en « vedette » par les usagers. « Il faut que la grève du transport trouve solution le plus rapidement possible parce que pour se rendre au marché c’est la croix et la bannière. On prend les charrettes, ce n’est ni confortable ni rapide et on paie le triple du billet des cars ou des bus. Pire encore avec une insécurité totale à bord » a déploré une dame rencontrée à l’arrêt du château d’eau de Léona. Un point de vue très loin de celui des charretiers qui se frottent les mains et « prient » même pour une prolongation encore de quelques jours du mouvement d’humeur.
« La grève est dure pour les populations mais de notre côté ça a été une bonne affaire. Tous les clients se sont rabattus sur les charrettes et les motos. Je ne peux pas vous dire combien on fait de recette mais on a beaucoup gagné par rapport aux autres jours » a signalé le charretier, Mame Abdou Léye. Même son de cloche, chez le jeune Bathie Sarr, assis en califourchon sur son scooter. Pour ce dernier, la « pêche » est très fructueuse pour la journée. « Je suis tailleur de profession, mais avec les opportunités de la grève des transports, je me suis converti en conducteur de jakarta pour les deux jours. Franchement, je ne le regrette pas. J’ai bien gagné par ma première journée » a-t-il signalé. Pour rappel les transporteurs ont déposé sur la table du gouvernement une plateforme revendicative depuis plusieurs mois et courent pour une audience depuis plus d’un an. Ils veulent que les autorités se penchent sérieusement sur leurs problèmes et y apportent des solutions définitives.

