De Thierno Baye Diène correspondant de Teranganews à Matam
La décision de faire de l’Université Souleymane Niang de Matam, une université multi sites entérinée par le ministre de l’enseignement supérieur à l’issue d’un CRD, est vigoureusement décriée par les ressortissants de la région, regroupés autour d’un collectif pour le maintien de l’Université Souleymane Niang à Matam. Ils exigent un seul site au sein du périmètre régional.
Le président de la république, Macky Sall avait, lors de sa récente visite dans la région, promis de construire une université à Matam. Une promesse en voie de concrétisation. Ce temple du savoir portera officiellement le nom de Souleymane Niang et accueillera ses premiers étudiants en octobre 2024. « Nous, populations de la région de Matam, regroupées dans le cadre dénommé « collectif pour le maintien de l’Université Souleymane Niang dans la région de Matam », tenons d’abord à remercier son excellence, le président de la république, M. Macky Sall. En effet, lors de sa dernière tournée économique dans la région de Matam, en réponse aux doléances vivement exprimées autour de 3 axes à savoir la route du Dandé Mayoo, un Hôpital de niveau 2 et une université. Il avait pris la ferme résolution de les satisfaire toutes. Il a conforté l’idée de l’Université en la baptisant Souleymane Niang. Ces décisions ont été saluées dans toute la région de Matam », rappelle Harouna Amadou Bâ, lors d’un point de presse tenu ce mardi à Ourossogui.
Le collectif refuse une université multi sites.
En effet, un comité régional de développement s’était tenu le 29 octobre dernier, sous la présidence du ministre de l’enseignement supérieur, pour échanger avec les autorités locales sur les contours du projet de construction de l’Université. Au sortir d’un Crd, Cheikh Oumar Hanne avait annoncé que l’Université de Matam serait multi sites : un site à Kanel, un autre à Agnam/Thilogne et un autre à Ndioum mais que toute l’administration logerait dans la ville de Matam.
Cet éclatement du site de l’Université de Souleymane Niang de Matam suscita une vague d’indignation de la part des ressortissants de la région. De manière spontanée, ils se retrouvèrent autour d’un collectif pour le maintien de l’Université Souleymane Niang à Matam. Ils ne veulent pas entendre parler d’une université qui sera bâtie sur plusieurs sites. « Lors d’un CRD tenu à Matam sous la présidence du ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, il nous a été donné de constater l’idée d’implanter l’Université sur 4 sites. Ce qui ne cadre ni avec la promesse du chef de l’État, ni avec la proposition de la commission des experts dirigée par M. Le Recteur, Amadou Aly Mbaye encore moins avec les attentes des populations. Ainsi, Nous disons Non à une université multi sites., autrement dit, nous souhaitons que l’Université soit implantée dans un seul site dans la région de Matam. Notre souci est que l’Université soit implantée dans la région, peu importe le lieu, l’essentiel est qu’elle soit dans la région », martèle le porte parole du jour.
« Les responsables politiques derrière l’éclatement du site »
Selon les informations données par le ministre de l’enseignement supérieur, l’Université qui sera implantée à Matam aura une capacité d’accueil de 30 mille étudiants. Un grand ouf soulagement pour le grand nombre d’étudiants ressortissant de la partie Nord Est du Sénégal. Ainsi, l’idée de construire des facultés dans d’autres localités pourraient éviter de longs déplacements aux étudiants du Fouta. Cependant, le collectif est certain que l’idée de conception de l’Université sur plusieurs sites obéit à des calculs politiques. « Nous savons que les autorités politiques étaient présentes lors du Crd, elles sont d’accord à l’idée d’éclater le site de l’Université Souleymane Niang. Cela les arrange d’avoir une partie de l’Université dans leur localité car elles ne sont mues que par des intérêts crypto-politiques. Mais nous, nous savons que cet éclatement n’est pas bien pour nos enfants, c’est pourquoi nous combattons cette idée d’une université multi sites à Matam », ajoute la seule dame du collectif.

