Comme chaque année et pendant 16 jours, qui démarre le 25 novembre de chaque année, pour se poursuivre jusqu’au 10 décembre 2021, journée internationale des droits de l’Homme, les femmes vont «oranger le monde» marquant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Plusieurs activités sont prévues durant ces journées de mobilisation, à travers tout le pays.
Sous le signe « mettons fin à la violence contre les femmes et les filles MAINTENANT! », la campagne « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre » met en lumière la vulnérabilité aggravée et accentuée des femmes en temps de crise.
Selon Fatou Faye Dème, directrice de la Famille, « une étude menée par le Groupe d’études et de recherches sur les sociétés et le genre (Geste) de l’université Gaston Berger de Saint Louis en 2014, a permis de mesurer la prévalence des violences domestiques, avec un taux moyen de 55,3%. Mais ce pourcentage cache des disparités, puisque la région de Diourbel comptabilise les chiffres les plus élevés, avec 72%, contre 41,8% pour Saint Louis, le chiffre le plus bas. Et ces chiffres montrent surtout qu’à 62%, ce sont des hommes qui sont responsables de ces violences ».
Dans son propos, @OulimataSarr a rappelé que @antonioguterres a parlé des Violences faites aux Femmes comme étant la "pandémie de l'ombre".
"Durant ces 16 jours, nous vivrons des moments de mobilisation et d'accélération en vue de combattre les Violences faites aux Femmes. " pic.twitter.com/Jjv0lHvE9i— UN Women Africa (@unwomenafrica) November 23, 2021
Selon les chiffres de Onu Femmes, en 2020, 35% des femmes ont subi, au moins une fois, des violences physiques et ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou d’une autre personne. La même source indique que chaque année, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. «Des chiffres alarmants», selon la directrice Afrique de l’Ouest et du Centre d’Onu Femmes, Mme Oulimata Sarr. Au Sénégal, les enquêtes montrent que 24% des femmes de 15 à 49 ans sont excisés avant 15 ans et que le 1/3 des filles est marié avant 15 ans, avec des zones de fortes prévalences atteignant 60% à Kolda, Tamba et Matam. Outre les violences sexuelles et pratiques culturelles néfastes, les femmes subissent des violences économiques, notamment des refus de payer la pension ou refus de prise en charge. La pauvreté et une structure sociale patriarcale qui favorise la domination des hommes sur les femmes, l’analphabétisme et la méconnaissance de leurs droits et l’absence de la culture de la dénonciation, sont quelques-unes des raisons à cette forte prévalence. Et souligne Mme Sarr, «les 16 jours d’activisme sont un moment de mobilisation, qui permet de mettre le sujet en avant, même si le travail se fait au quotidien pour changer les normes sociales».
Selon Mme Fatou Faye Deme, Directrice de la Famille auprès de @MFFG_SN, "C'est un moment inédit de partage avec les journalistes qui, de par leur plume, leur voix et leur spectre, de pouvoir élargir le plaidoyer à l'ensemble de la population."#Orangezlemonde pic.twitter.com/Fc9a5VwODX
— UN Women Africa (@unwomenafrica) November 23, 2021
Face au constat des multiples impacts de la crise du Covid-19 sur la vie des femmes et des filles dans le monde, notamment l’augmentation alarmante de toutes les formes de violences fondées sur le genre, la campagne abordera cette année les violences dans la multiplicité et complexité de leurs manifestations ainsi que l’urgence de prendre des mesures pour y mettre fin, indique ONU femmes dans un communiqué.
La Ministre de la Femme a lancé officiellement la campagne des 16 jours d'activisme en présence de ses collègues @nenefatoumatall et @AissataOfficiel . Elles ont parlé d'une même voix contre les violences faites aux femmes et aux filles #OrangezLeMonde #Senegal pic.twitter.com/T1LNzjs9ND
— Oulimata Sarr (@OulimataSarr) November 25, 2021

