Du haut de ses 31 printemps, ce natif de Dakar, ne cesse de nous surprendre par l’immensité de son talent. Mouhamed Mbougar Sarr est le premier écrivain sénégalais et le premier écrivain d’Afrique subsaharienne a remporté le Prix Goncourt, pour son romain « La plus secrète mémoire des hommes », paru en août 2021. Retour sur le parcours d’un surdoué qui a été meilleur élève du Sénégal en 2009.
Mouhamed Mbougar Sarr est le jeune écrivain depuis 1976 avec Patrick Grainville, a remporté le plus prestigieux Prix de la littérature en France, cent ans pile après René Maran, le premier écrivain à avoir remporté ce prix.
« Il n’y a pas d’âge en littérature. On peut arriver très jeune, ou à 67 ans, à 30 ans, à 70 ans et pourtant être très ancien», at-il commenté.
Mohamed Mbougar Sarr est le premier écrivain d’Afrique subsaharienne à être écrivain par le plus prestigieux des prix littéraires pour son romain « La plus secrète mémoire des hommes », paru en août. Il a obtenu 6 voix au premier tour, a annoncé Philippe Claudel, secrétaire général du Goncourt, au restaurant Drouant, à Paris.
Né en 1990, à Dakar, ce fils de médecin, est un ancien pensionnaire du Prytanée militaire de Saint-Louis et meilleur élève du Sénégal en 2009, Mouhamed Mbougar est l’ainé d’une fratrie de sept garçons.
Après le Bac il intègre une classe préparatoire en France, à Compiègne (Oise), et enfin l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris, où il est actuellement étudiant en littérature et prépare sa thèse.
Beaucoup de métiers lui viennent en tête, médecin, footballeur, militaire, journaliste, avocat, professeur… Et à l’heure des études supérieures, ce surdoué choisit une autre filière d’élite, les classes préparatoires littéraires en France, dans un lycée de Compiègne près de Paris.
Elle l’amènera dans une des plus prestigieuses « grandes écoles » françaises, l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Ses recherches portaient sur la grande voix de la littérature africaine et chantre de la « négritude », Léopold Sedar Senghor.
La plus secrète mémoire des hommes raconte l’histoire de deux écrivains sénégalais, l’un contemporain, à la recherche de lui-même, qui ressemble à l’auteur, l’autre qui a eu son heure de gloire en 1938, avant une déchéance rapide, le mystérieux TC Elimane, inspiré du Malien Yambo Ouologuem, prix Renaudot en 1968.
Le roman creuse l’histoire intime de ses deux personnages d’écrivains africains. Mohamed Mbougar Sarr revient également sur l’histoire de la relation tumultueuse entre l’Afrique et l »Europe.
Son entrée en littérature s’est faite dès ses 24 ans, avec « Terre ceinte », publié par une maison dont le catalogue l’avait formé, Présence africaine. Suit « Silence du coeur » en 2017. « De purs hommes » (2018) et « La plus secrète mémoire des hommes » (2021).
Ainsi dans le roman, en 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais vivant à Paris est bouleversé par la découverte d’un ouvrage, Le labyrinthe de l’inhumain , paru en 1938. L’histoire de ce livre mystérieux l’intrigue. Son auteur a disparu après la publication de son roman.
Le jeune écrivain cherche à découvrir ce qui se cache derrière l’histoire de cette œuvre de TC Elimane. Le récit se déroule aussi au Sénégal, Buenos Aires Amsterdam et Paris.
Plusieurs distinctions…
L’auteur a été récompensé dès 2014 pour sa nouvelle La Cale , qui a reçu le prix Stéphane Hessel-RFI. C’est seulement à 24 ans avec son premier roman qu’il a reçu le prix Kourouma 2015 pour son œuvre Terre ceinte. Une œuvre qui traite d’un thème d’actualité : Le terrorisme religieux. Un roman d’anticipation de la crise qui sévit au Nord-Mali.
En 2017, il offre au Sénégal Sénégal sa première médaille dans le domaine de la culture lors des Jeux de la francophonie qui avait été accueilli par la Côte d’Ivoire avec une nouvelle intitulée « « Ndënd » (Tambour en langue nationale wolof). Le texte raconte l’histoire d’un vieux maître du tambour qui reçoit un ministre de la Culture, lequel visite va réveiller en lui le goût de la création qu’il a abandonné il y a longtemps.
L’année suivante, 2018, son deuxième roman « Silence du chœur » remporte le prix littérature-monde, émanation du festival Étonnants Voyageurs de Saint Malo
Ibrahima Samba, son professeur de Lettres au Prytanée militaire de Saint-Louis, séduit par le style d’écriture de son élève, témoignait ceci : « Mbougar écrit comme l’éternel matin claudélien où les choses se confondent à leur formulation. Il suffit de dire quelque chose et ce quelque chose soit»
L’ex-enfant de troupe aime passionnément lire. Il a adoré sa «rencontre» avec les maîtres. Des classiques de manière générale. Soit des classiques de la littérature africaine, sénégalaise ou des classiques européens. Aimé Césaire, Aminata Sow Fall, Malick Fall, Léopold Sédar Senghor, Balzac, Victor Hugo, etc.
Déjà au Prytanée militaire, il était le rédacteur en chef du journal La Vie de l’enfant de troupe (Vet). Un journal que tenu son maître et complice, Ibrahima Samba. Mbougar était dans le théâtre de l’école. Avec son maître, il a participé à plusieurs concours au niveau national. Il a gagné la compétition du meilleur discours sur le thème de la violence et des arbres. Un discours qu’il est allé lire par la suite à l’Assemblée nationale et plus tard à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.
Son talent d’écriture, il le développe également dans son blog « Choses revues » où il réfléchit sur des thèmes quotidiens de la vie. Son parcours, c’est aussi le résultat d’une formation rigoureuse au Prytanée militaire de Saint-Louis.

