Convoqué demain mercredi 10 novembre 2021 pour le procès en appel du meurtre de Ndiaga Diouf, tué en 2011, lors d’une attaque par des nervis de sa mairie, le maire de Mermoz Sacré-Cœur compte déférer à la convocation de la cour d’appel de Dakar mais dénonce une manœuvre politique du président Macky Sall visant à l’écarter de la course à la mairie de la Ville de Dakar pour les élections locales du 23 janvier 2022. Face à la presse hier lundi Barthélémy Dias candidat de la coalition Yewwi Askan Wi pour la Ville de Dakar, a craché ses vérités à qui veut l’entendre. D’emblée, le fils de Jean Paul Dias, allié du pouvoir, se veut clair, que cette affaire soit vider et tirer au claire car il n’acceptera aucun renvoi du procès en appel.
« Je condamne fermement le communiqué du parquet général. Ce communiqué a tout dit sauf la vérité. Je dénonce le sabotage de ce dossier. Comment peut-on laisser pendre un dossier dix ans devant la justice. Et à chaque veille d’élections, où chaque fois qu’on annonce une candidature, ils soulèvent le même dossier, au nom de quoi. Comment peut-on respecter une justice qui ne se respecte pas? », s’interroge le maire.
Bartélémy Dias dénonce ce qu’il appelle « un coup de force que tente d’imposer l’État du Sénégal à travers sa justice ». « Nous appelons les jeunes à envahir le tribunal de Dakar pour exprimer leur colère, et partout où vous serez à Dakar. Je vous appelle à la résistance. Je ferais cette même résistance au sein du tribunal, pour mettre fin au cirque. Que les juges fassent tous ce qu’ils ont à faire », a lancé Barthélémy Dias qui est largement revenu sur ce feuilleton judiciaire qui l’incriminerait dans la mort de Ndiaga Diouf en 2012 suite à une attaque à la mairie de Mermoz/Sacré-Cœur…
« Ce complot ne passera pas. »
A l’en croire tout ceci n’est qu’un vaste complot ourdi par le régime du président Macky Sall mais qui ne passera pas
« Il y a dix ans, ici, dans l’enceinte de la Mairie de Mermoz – Sacré Cœur, on parle d’un dossier qui s’appelle attaque de la Mairie de Mermoz – Sacré Cœur. Cette Mairie a été attaquée par de vulgaires nervis. Le contexte était lié à une volonté du régime d’alors (Wade) de faire un 3e mandat. Ce 3e mandat, on considérait qu’il était anti-démocratique. Malheureusement, cette même justice nous a mis dans une telle situation qu’on a été obligé d’accepter cette forfaiture, qui, au passage, a coûté dix-sept morts, au Sénégal. La seule différence, c’est que le président d’alors avait accepté, lui, de donner à tous les candidats leurs chances, pour pouvoir briguer la magistrature suprême. Le candidat d’alors avait aussi accepté de donner des cartes d’électeurs et de compétir en toute objectivité. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »
« Depuis quand, au Sénégal, il est interdit de se défendre »
Au mois de Mars dernier, j’avais clairement dit qu’il ne s’agissait pas de Ousmane Sonko mais de la démocratie sénégalaise. Et aujourd’hui, je reviens dire encore qu’il ne s’agit pas de Barthélémy Diaz mais de la démocratie sénégalais. Mais cela de passera pas. Le problème du Sénégal, c’est sa justice. Celle-ci est en train de s’écarter de la priorité. J’irai au tribunal le mercredi avec mes enfants, mais je n’accepterai plus un renvoi. J’ai été condamné deux ans de prison dont six mois ferme. J’ai fait appel. Depuis que j’ai projeté appel, le dossier ne fait que l’objet de renvois. J’ai pris l’engagement de n’insulter aucun magistrat. Mais dire que aujourd’hui que ma convocation a été programmée bien avant ma candidature à la mairie de Dakar, cela relève d’un gros mensonge », lance Barthélémy Diaz.
Par ailleurs, pour le maire de Mermoz Sacré/Cœur, qui crie à une tentative de liquidation d’un candidat aux élections locales, invite la justice sénégalaise à vider le dossier, à défaut, il ne comptera plus mettre ses pieds au tribunal pour répondre à une quelconque convocation.
« J’ai déposé ma demande de candidature le 04 Novembre, le 05 Novembre, ils m’ont envoyé ma convocation. La preuve, ils en sont où avec le dossier de Ousmane Sonko ? On sait que c’est un dossier signalé. On en a marre de cette justice. Cette justice devra dire le Droit. Ce que le juge a à faire, il le sait. Au nom de quoi on refuse de vider ce dossier. Je souhaiterais le dire avec force si je sors le 10 Novembre sans décision, que personne m’appelle pour une convocation. Et je n’attends pas à beaucoup de choses de la justice de ce pays. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de pouvoir convaincre les sénégalais », a laissé entendre Barthélémy Diaz, qui appelle aussi la jeunesse à la résistance…
La réponse de Barth au Procureur général de la Cour d’appel de Dakar
« J’ai entendu un magistrat qui se trouve être le Procureur général de la Cour d’appel près du Tribunal de Dakar, dire que Barthélémy Dias et ses avocats savaient très bien que ce dossier était prévu pour le 10 novembre ». Ce que l’opposant a récusé. « Ce dossier, a-t-il rectifié, je prends le juge Bara Gueye à témoin, j’ai été convoqué au tribunal le 7 octobre 2020. Ce jour-là, il y a eu un renvoi pour le 18 octobre 2020. Le 18 octobre, le juge Bara Gueye m’avait provoqué une date qui coïncidait avec les fêtes de Noël. J’ai aussi indiqué au Juge que devais me rendre au Canada pour terminer un Master que j’avais commencé à York University. Je lui avais montré mon dossier d’inscription. Le Juge qui me proposait début janvier, je lui avais indiqué que la date qu’il me proposait tombait sur le jour de l’anniversaire de mon père. Le juge avait accepté toutes mes requêtes. Le 5 mai 2021, je suis venu au Tribunal de Dakar. Ce même jour, on a encore renvoyé au 7 juillet 2021. Je suis (alors) venu au Tribunal, de 08 heures jusqu’à 11 heures. J’ai appelé mon avocat Me Demba Ciré Bathily, je lui ai dit ’’mais Maître, d’habitude, on était appelé un peu plus tôt’’. Il m’a dit ’’mais, est-ce que vous avez reçu notification pour être ici aujourd’hui’’. Je lui ai dit ’’non’’. Mais, le 5 mai, quand on reportait le dossier, le juge avait bien dit, à toutes les parties, ’’soyez prêts parce que nous allons plaider le 7 juillet’’. Quand Me Ciré Bathily s’est rapproché du greffier, (ce dernier) lui a dit que le dossier n’était pas programmé. »

