De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Si la pauvreté n’a pas explosé au Sénégal elle n’a pas non plus reculé comme en atteste l’enquête de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) sur la pauvreté. Et, à Saint-Louis, la crise sanitaire, le chômage des jeunes, et l’envol des prix des denrées de première nécessité, une situation qui a fini d’impacter sur le pourvoir d’achat des ménages connait une baisse record. C’est un reportage de Adama Séne dans les quartiers Nord de Saint-Louis…
La grande majorité des populations de Saint Louis est en phase avec les chiffres sortis des enquêtes de l’Ansd sur la pauvreté au Sénégal. Depuis quelques années, les différents secteurs socioéconomiques du pays étaient agonisant, mais ils ont été anéantis par la pandémie du covid-19. Ce qui a accentué la pauvreté dans les familles sénégalaises. D’ailleurs, de nombreux chefs de famille cherchent quotidiennement le » diable » pour lui tirer la queue.
L’enquête démontre que le nombre de pauvres a augmenté entre 2011 et 2018 au Sénégal, passant de 5, 8 millions à plus 6 millions alors que le taux de pauvreté monétaire a enregistré une baisse de cinq points sur la même période.
A Saint Louis, on dirait que l’écrasante majorité des familles s’est passée le mot d’ordre. Sant détour, les personnes interrogées sur la pauvreté, sont d’avis avec le dernier rapport de l’agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) sur la question. A en croire nos interlocuteurs, tous les secteurs sont frappés par la crise et le pouvoir d’achat des ménages ne cessent de dégringoler. » Les chefs de famille très fatigués. La pauvreté a atteint aujourd’hui des proportions inquiétantes dans les villes. De nombreuses familles n’assurent plus les trois repas quotidiens. Les pères de famille peinent à joindre les deux bouts. Donc aucune autorité serieuse ne peut nier ou minimiser le seuil de pauvreté au Sénégal parce que la situation de crise est palpable » a expliqué Ndéye Arame, habitant le quartier de Léona dans le faubourg de Sor.
Un constat qu’elle partage largement avec ce jeune fonctionnaire, rencontré sur l’avenue Khalifa Ababacar Sy au quartier Nord. Pour ce dernier, la flambée des prix des denrées de première nécessité, la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, le chômage chronique des jeunes, ont fini d’installer la précarité dans les familles. » En tant jeune salarié, je ne parviens pas à gérer convenablement mes besoins à la fin du mois. Nos familles étant ce qu’elles sont, je dois supporter d’autres dans les charges familiales. Je ne suis pas seul dans cette délicate situation. C’est pourquoi le petit salarié n’est pas à l’abri de la pauvreté. Mieux, je peux dire même que l’enquête de l’Ansd est plus d’être exhaustive » a signalé M. Doiuf, enseignant dans une école élémentaire de l’île.
Dans les rues de la vieille cité, d’autres personnes interpellées, ont raconté leurs dures conditions de vie au quotidien. Selon ces dernières, le gouvernement doit se rendre à l’évidence et trouver des solutions durables à la pauvreté. » La pauvreté est bien réelle dans le pays et l’État doit multiplier encore les efforts pour soulager les populations. Baisser les prix de denrées de première nécessité, c’est bien, mais les faire appliquer sur le terrain serait mieux. On ne sent pas du tout la baisse des prix des denrées de première nécessité telle que annoncé par l’État.
Le gouvernement doit lutter contre le chômage chronique des jeunes en leur facilitant des financements. Car il ne sert à rien de polémiquer sur des statistiques livrés par des techniciens de l’Ansd. Les priorités sont ailleurs » a soutenu le vieux Souleye Bâ. Avant d’ajouter, que dans beaucoup de familles sénégalaises, ce sont les retraités qui gèrent toujours les ménages. » Rien qu’à évaluer de près cette situation, on peut mesurer l’ancrage de la pauvreté au Sénégal. Si des millions de personnes sont nourris et difficilement entretenus par des retraités, on ne peut pas réfuter la pauvreté dans ce pays » a martelé le retraité de la SN Hlm.

