De Youssouf DIMMA, correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Les Sénégalais n’ont qu’à se le tenir pour dit ! Pendant les prochaines semaines, tout le secteur national du transport routier risquera de faire l’objet d’une paralysie généralisée, perturbant fortement les voyages et autres va-et-vient, y compris professionnels, des populations. C’est le secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers, affilié à la confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), qui a fait cette annonce à Ziguinchor. Alassane Ndoye venait ainsi de présider, ce 31 août 2021, l’assemblée générale-bilan du regroupement des transporteurs de Ziguinchor.
Accordant une interview à la presse au sortir de cette rencontre, M. Ndoye est, visiblement très remonté contre certaines autorités étatiques, taper du poing sur la table pour informer tout en avertissant le Sénégalais Lambda que « dès le mercredi 1er septembre 2021, soit dans quelques heures, la totalité des syndicats du secteur du transport, sans exception, va se réunir à Dakar pour préparer un préavis de grève que nous allons déposer sur la table du ministre des transports ».
Ajoutant ceci : « nous entendons ainsi dénoncer certains prix, l’état catastrophique du transport, les tracasseries perpétrées sur les chauffeurs par la police, la gendarmerie, et d’autres types de tracasseries d’ordre économique ».
Pour lui, « entre 2009 et 2021, tous les ministres qui se sont succédés au ministère des transports ont rabaissé la valeur du secteur des transports en le faisant toujours perdre un point au lieu d’en ajouter ; par exemple nos routes nationales, surtout la route nationale n°4 que j’ai empruntée pour voyager de Dakar à Ziguinchor qui est dans un état piteux au point que j’aie décidé de ne point l’emprunter nuitamment pour rentrer à Dakar. Autrement dit, à cause de cela, je suis obligé de passer la nuit à Ziguinchor ».
Sur un autre registre, Alassane Ndoye a fustigé « le fait que les trop longues routes que l’Etat et ses partenaires construisent n’ont aucun sens pour nous ; une excellente route bien large est meilleure que celle que je viens d’évoquer ; je le leur ai dit ! L’Etat parle plus qu’il ne pose des actions, surtout le ministre des transports »
Et puis, a-t-il poursuivi : « j’ai dit au ministre des transports que tant qu’il continuera d’écouter l’actuel directeur des transports terrestres, il n’aura aucun résultat. Et il fait dans le conformisme marchant sur les pas de ses prédécesseurs qui ont dit que ce directeur des transports terrestres était l’expert en la matière le laissant à ce poste sans pour autant l’évaluer avant ! D’ailleurs, ils auraient pu recueillir nos avis à ce propos et nous leur aurions demandé de ne pas le conserver parce que c’est nous qui étions ici avec lui avant la nomination du ministre. »
D’autre part, « après avoir arrêté l’activité de transport pendant six mois, l’indemnité que l’Etat a donnée aux chauffeurs n’est pas comparable aux recettes obtenues par Papis Touré à la seule gare routière de Ziguinchor. Pis encore, concernant le fonds routier que l’Etat est en train de créer, il veut le faire financer par les transporteurs. J’avais refusé de donner mon accord lors d’une réunion de 150 participants sur les nouveaux permis de conduire pour lesquels nos informations sont stockées dans une puce. Ils peuvent nous enlever des points depuis leurs bureaux sans que nous le sachions ».
Et de s’interroger : « où sont les 21 milliards collectés des permis de conduire et après cela, ils sont sur les cartes grises : les plaques d’immatriculations qui coûtaient 20 000 FCFA, leurs prix sont actuellement fixés à 45 000 FCFA pour 1 million de plaques d’immatriculation à changer sous prétexte que l’argent servira au financement de ce fonds routier qui ne sera géré que par 9 personnes dont seulement 2 représentants des transporteurs alors que c’est nous qui le finançons ; alors c’est nous qui devront le protéger, cet argent ! »
L’assemblée générale présidée par Alassane Ndoye a été l’occasion saisie par les transporteurs de Ziguinchor pour adopter un nouveau règlement intérieur de leur regroupement.

