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Afrique du Sud : Après l’incarcération de Zuma, les pillages s’étendent, et l’armée déployée

Cinq jours après l’incarcération de Jacob Zuma, la situation reste tendue dans une partie du pays, notamment l’est où est originaire l’ancien président Sud-africain. Pillages et incendies se sont étendus lundi en Afrique du Sud.  L’armée annonce qu’elle va donner main forte aux forces de l’ordre.

Dès vendredi, des incidents ont éclaté en pays zoulou (Est), dont M. Zuma est originaire et où il s’est aussi constitué prisonnier pour se conformer à un ultimatum posé par la justice. Depuis, l’agitation a gagné Johannesburg, principalement ses quartiers les plus déshérités où Zuma est largement hors sujet. Là, le moteur est alimentaire, économique : petits boulots et survie en mode débrouille sont entravés depuis fin juin par les restrictions imposées en raison d’une troisième vague de pandémie meurtrière.

Lundi matin, des carcasses grises de voitures brûlées jonchaient les rues du centre de Johannesburg et d’autres quartiers pris d’assaut la veille.

La police, largement déployée et dont les hélicoptères survolent la mégalopole, avait déjà arrêté 219 personnes lundi matin entre la capitale économique du pays et la région zouloue.

Des soldats patrouillaient la rue Pietermaritzburg (Est), où beaucoup de magasins étaient restés fermés par précaution.

Et l’armée a annoncé à la mi-journée qu’elle allait prêter main forte aux forces de l’ordre dans cette province, comme dans la capitale économique du pays, pour mettre fin aux débordements.

Pendant ce temps, l’audience devant la Cour constitutionnelle, celle qui a condamné M. Zuma à 15 mois de prison ferme pour outrage fin juin, s’étendait en joutes verbales entre son avocat, Dali Mpofu, et neuf de ses juges.

M. Zuma a été jugé coupable par cette cour « parce qu’il a été convoqué à comparaître » devant la commission enquêtant sur la corruption d’Etat sous sa présidence (2009-2018) « et il n’a pas comparu », a rappelé le juge Mbuyiseli Madlanga pour recentrer les débats.

M. Zuma, qui dort depuis jeudi à la prison moderne d’Estcourt, en pays zoulou, pourra prétendre comme tout détenu à une libération conditionnelle après avoir purgé un quart de sa peine, soit près de quatre mois, avait rappelé le ministre de la Justice.

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Mame Khary Leye

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