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Conséquences de la covid-19 : 108 millions de travailleurs vivent dans la pauvreté ou dans l’extrême pauvreté

« Cinq années de progrès pour éradiquer la pauvreté au travail ont été anéanties », d’après le rapport.

En comparaison avec 2019, 108 millions de travailleurs supplémentaires dans le monde sont désormais considérés comme vivant dans la pauvreté ou dans l’extrême pauvreté (ce qui signifie qu’ils vivent, ainsi que leurs familles, avec l’équivalent de moins de 3,20 dollars des Etats-Unis par personne et par jour). Et ceci, d’après le rapport de l’Organisation internationale du Travail sur l’impact de la Covid-19, publié mercredi 2 juin 2021.

 Le document précise que cela rendra encore plus inaccessible l’objectif de développement durable de l’Organisation des Nations Unies (ONU), visant à éradiquer la pauvreté d’ici 2030.

« La crise du COVID-19 a également aggravé les inégalités qui existaient déjà auparavant en frappant plus durement les travailleurs vulnérables », souligne le rapport. Qui ajoute que « l’absence très fréquente de protection sociale, par exemple parmi les deux milliards de travailleurs dans le monde évoluant dans le secteur informel, signifie que les perturbations subies au niveau du travail en raison de la pandémie ont eu des conséquences catastrophiques pour le revenu des familles et pour leurs moyens de subsistance. »

« La crise a également touché les femmes de manière disproportionnée. L’emploi des femmes a baissé de 5 pour cent en 2020 en comparaison à 3,9 pour cent chez les hommes. Un nombre élevé de femmes ont disparu du marché du travail et sont devenues inactives. Les responsabilités supplémentaires à assumer au sein du foyer en raison des mesures de confinement ont aussi créé le risque de revenir à une vision « traditionnelle » de la répartition des rôles entre hommes et femmes. »

Au niveau mondial, l’emploi des jeunes a baissé de 8,7 pour cent en 2020, en comparaison à 3,7 pour cent chez les adultes, la baisse la plus prononcée intervenant dans les pays à revenu intermédiaire. Les conséquences de cette tendance et les perturbations qui ont freiné la participation précoce au marché du travail pourraient se faire sentir pendant des années.

« La reprise d’après COVID-19 n’est pas seulement un problème sanitaire. Les dommages graves infligés à l’économie et à la société doivent également être surmontés. Sans un effort délibéré pour accélérer les créations d’emplois décents, pour soutenir les personnes les plus vulnérables au sein de la société et pour aboutir à une reprise dans les secteurs économiques les plus touchés, les effets persistants de la pandémie pourraient perdurer sous la forme d’une perte de potentiel humain et économique et d’une augmentation de la pauvreté et des inégalités, affirme Guy Ryder, Directeur général de l’OIT.

Ryder est convaincu que « nous avons besoin d’une stratégie complète et coordonnée, basée sur des politiques centrées sur l’humain, soutenue par des actes et par des financements. Une vraie reprise ne peut se faire sans une reprise des emplois décents. »

Le rapport définit une stratégie de reprise structurée autour de quatre principes : la promotion d’une croissance économique généralisée et la création d’emplois productifs ; un soutien aux revenus des ménages et aux transitions au sein du marché du travail, le renforcement des fondements institutionnels nécessaires à une croissance et à un développement économiques robustes et durables ; et l’utilisation du dialogue social pour définir des stratégies allant vers une reprise économique centrée sur l’humain.

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Mame Khary Leye

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