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À Thilogne, les artisans exigent leur part des fonds Covid-19, alloués aux acteurs culturels 

Thierno Baye Diène correspondant de Teranganews à Matam

Les murs de la commune de Thilogne ont tremblé, ce lundi, avec les artisans qui exprimaient leur grande colère d’avoir été « zappés » dans la distribution des fonds du plan de résilience à la Covid alloués aux travailleurs du secteur informel. Sur une liste de 46 personnes recensées comme impactées, seules 3 ont bénéficié de ces appuis financiers. A l’issue de leur point de presse, un ultimatum a été lancé aux autorités afin de corriger cette injustice dans les plus brefs délais.

La pandémie du corona virus a été fatale à l’économie locale, particulièrement au secteur informel de Thilogne, commune située à 50 km au nord de Ourossogui. Cette maladie a, en effet, réussi la prouesse de placer, en moins d’une année, une grande majorité des travailleurs de cette ville au-delà du seuil de la pauvreté. La décision du chef de l’Etat de la mise sur pied d’un plan de résilience à la Covid-19 avait été accueillie comme une véritable bouffée d’oxygène pour ces travailleurs impactés. Un espoir qui fondera comme neige au soleil. L’argent promis par le président Macky Sall est bien arrivé mais la quasi-totalité de cette localité n’ont pas perçu.

Un recensement des travailleurs du secteur de l’artisanat impactés par la Covid avait répertorié 48 personnes, finalement seuls 3 individus auraient bénéficié de ces appuis de l’Etat. L’association des artisans a bandé les muscles pour alerter les autorités. « Nous faisons face à la presse nationale et internationale afin de dénoncer ce manque de considération totale de la part des autorités dans le cadre du traitement équitable du plan de résilience économique et social déclenché par le président de la république, a fustigé Ahmadou Oumar Sy, le porte-parole du jour. A l’occasion de l’avènement de la Covid-19 au Sénégal le 20 mars 2020. Ce plan de résilience économique et social dont le but était de venir en aide aux ménages des sénégalais économiquement et socialement touchés par la Covid 19. C’est dans ce cadre que nous, travailleurs et artisans de la commune de Thilogne, montons au créneau pour attirer l’attention de nos autorités sur le fait que les aides attribuées à la région de Matam n’ont pas servi à grand-chose. Sur une centaine de travailleurs, seuls 3 ont reçu leur dû. » Renseigne-t-il.

Ce choix de donner des subventions aux uns pour priver les autres est une pilule qui a du mal à passer pour l’association des artisans de la commune de Thilogne dans la mesure où c’est la chambre des métiers qui aurait informé que dans la première tranche des aides, 46 travailleurs allaient recevoir leurs aides de la part du ministre. « Quand le président avait initié l’aide à la Covid, nous avions déposé auprès de la chambre des métiers de Matam. C’est ainsi que leurs responsables nous ont envoyé une liste de 46 personnes pour nous dire que ce sont elles, les bénéficiaires de la 1ere tranche. Mais depuis, ils n’ont eu à donner qu’à 3 personnes. Nous ne nous laisserons pas faire et nous passerons à la vitesse supérieure si nous ne constatons pas de réactions » a menacé le porte-parole.

En effet, douze mois après le début de la pandémie, les artisans se retrouvent dans une précarité indescriptible. Pour les tailleurs et les bijoutiers notamment, la situation est alarmante. Depuis l’apparition du corona virus et les mesures drastiques prises par le gouvernement pour l’endiguer, ils tirent le diable par la queue et croulent sous le poids des arriérés de loyer. « Nous les artisans, nous sommes quasiment des cadavres ambulants car nous sommes les plus impactés de cette pandémie. Nous sommes en location dans nos ateliers, nous payons le loyer à chaque fin de mois et payons aussi la facture d’électricité et d’eau. Aujourd’hui, nous tous qui sommes ici présents, nous avons des arriérés de loyer de 7 à 8 mois. En plus, nous ne parvenons plus à subvenir aux besoins de nos familles puisque les activités étaient au ralenti. Finalement, nous sommes acculés au quotidien par nos bailleurs dans nos ateliers mais aussi en rentrant chez nous, nous sommes obligés de supporter le regard de nos enfants et de nos épouses. » A ajouté Demba Diagne Sam.

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Khadim FALL

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