Alors que la découverte de plusieurs vaccins avait suscité un espoir d’éradiquer la pandémie du coronavirus et que des pays comme l’Angleterre et les Etats-Unis avaient déjà commencé à vacciner leurs populations le monde découvre une nouvelle variante du virus en Angleterre et en Afrique du Sud. Et, face à la nouvelle variante observée outre-Manche, plusieurs pays européens ont suspendu ce dimanche les liaisons avec le Royaume-Uni. Cette nouvelle souche du coronavirus se transmettrait « bien plus facilement », selon Boris Johnson.
Le ministre de la Santé britannique a affirmé que « la nouvelle souche (de coronavirus, ndlr) était hors de contrôle », justifiant ainsi les mesures de confinement imposées à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre. « Rien n’indique qu’il est plus mortel ou qu’il cause une forme plus sévère de la maladie », a toutefois précisé le Premier ministre, samedi. Sans attendre, dès le lendemain, les pays européens ont réagi à la détection de cette mutation du Covid-19 qui se transmet « bien plus facilement », selon Boris Johnson. Les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie ont annoncé la suspension des vols et des trains en provenance du Royaume-Uni et l’Allemagne indique qu’elle va « réduire » les liaisons avec le pays. De son côté, le gouvernement français a convoqué un conseil de défense sanitaire à 17 heures, dimanche. Selon les informations de BFMTV, les autorités envisagent « sérieusement » de suivre la voie de ses voisins européens.
Une nouvelle mutation a également été observée en Afrique du Sud. Selon les scientifiques, la variante provoque des formes graves de la maladie chez des jeunes patients ne présentant pas de comorbidités. Nommée « variante 501.V2 », cette nouvelle souche pourrait être liée à celle détectée au Royaume-Uni. Elle est décrite comme « une variante similaire » par le ministre Zwelini Mkhize, dans un communiqué, cité par Le Point. Les variations sont communes pour tous les virus, selon les spécialistes, et c’est le cas pour le Covid-19 qui a déjà connu 12 000 variations.
Les scientifiques intrigués par ces nouvelles mutations en Angleterre et en Afrique du Sud
S.D614G, S.N501Y, S.N439K, S.H69/V70, S.S477N… Ces codes étranges sont surveillés comme le lait sur le feu par les virologues. Ils désignent en effet des parties d’une protéine-clé du virus responsable du Covid-19, la spicule, qui donne cette forme hérissée au SARS-CoV-2 et grâce à laquelle il s’accroche aux cellules humaines avant de les infecter.
C’est aussi la molécule sur laquelle repose l’action des vaccins qui « l’imitent » pour stimuler la production d’anticorps. Alors, tout changement dans cette protéine pourrait modifier le comportement du virus vers une infectiosité ou une virulence plus grande. Ou encore amoindrir l’efficacité des vaccins.
Après le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud annonce à son tour avoir détecté une nouvelle variante du coronavirus sur son territoire. Cette mutation a été annoncée, ce week-end, par le ministre de la Santé sud-africain qui s’appuie sur les recherches de scientifiques nationaux. Cette nouvelle variante du Covid-19 semble se propager plus rapidement.
Cette nouvelle forme du virus répond au doux nom de « variante 501.V2 » et elle pourrait expliquer, selon le ministre de la Santé, Zweli Mikhize, la rapidité des transmissions que connaît actuellement le pays. En effet, certaines régions comme le Cap-Occidental recensent désormais plus de cas durant cette deuxième vague par rapport à la première.
Le pays compte au total plus de 900 000 cas positifs et près de 25 000 morts. Depuis le mois dernier, l’Afrique du Sud connaît une deuxième vague et le Covid-19 est davantage transmis par les populations les plus jeunes. Les mutations des virus sont une chose tout à fait normale et courante et les autorités indiquent qu’il n’y a pas lieu, pour l’instant, de paniquer. Elles précisent néanmoins que cette variante semble se propager plus rapidement.

