L’artiste-photographe Sénégalais Ibrahima Thiam expose « D’une rive à l’autre » jusqu’au 29 janvier 2021, au RAW Material Compagny à Dakar sis à la Zone B. Une exposition qui s’inscrit dans le cadre de la 9ème édition du Partcours et qui mérite largement le détour. Le travail d’Ibrahima Thiam s’intéresse à la mémoire, à l’archive, à l’oralité africaine et aux histoires imaginaires des Lebous et leurs relations à la nature, en l’occurrence les villes côtières telles que Dakar, Rufisque, Saint Louis et Yoff.
Dans l’œuvre de Ibrahima Thiam la frontière entre le visible et l’invisible est subtil. Ses photos laissent entrevoir l’histoire des légendes sur les divinités Lébou : Maam Kumba Bang, Maam Njare, Maam Ndekk Dawur, leurs relations à la nature, en l’occurrence les villes côtières telles que Dakar, Rufisque, Saint Louis et Yoff. Dans son art l’eau et les rituels y afférents constituent des pratiques sacrées, effectuées dans le but de maintenir de bonnes relations avec les esprits protecteurs de ces villes et de leurs communautés.

Avec lui, le visiteur s’embarque dans une narration visuelle puissante et palpitante car ses photos peignent un monde mystérieux. Le regard s’envole à travers les paysages captivants et découvre un monde entre réalité et mysticisme, modernité et tradition.
Artiste-photographe depuis 2009, qui travaille à partir de l’oralité, Ibrahima Thiam a su revisiter toutes les histoires des génies protecteurs et protectrices de ses villes côtières comme Yoff, Saint-Louis et de Dakar.
Natif de Saint-Louis, ou l’imaginaire du génie protecteur de Maam Kumba Bang traverse tous les âges et toutes les générations de saint-louisiens, Ibrahima Thiam s’inspire de sa propre histoire pour nourrir sa créativité et donner une dimension énigmatique aux modèles qu’il photographie.

L’artiste Ibrahima Thiam photographie un univers singulier coloré de rouge et de blanc, symboles fort dans le rituel des sacrifices surtout et nous invite à nous imaginer mille histoires.
« J’ai toujours participé à ce type de rituel même étant issu de famille musulmane car ma grand mère a toujours eu cet aspect rituel avec l’eau. Même quand quelqu’un s’apprêter à voyager ou sortir on versé de l’eau autour de lui ou sur ses pas », explique Ibrahima Thiam.

Le Baobab, arbre mythique et mystique est l’endroit qui accueille les rituels comme le ndeup, les offrandes pour conjurer le mauvais sort ou soigner par les savoirs mystiques des personnes possédées.


