De Abdoulaye Faye, correspondant de Téranganews à Diourbel
La campagne agricole a démarré le 23 novembre 2020 pour prendre fin officiellement le 25 mai 2021. Pour cette campagne en cours le prix du kilogramme de l’arachide est fixé à 250 F CFA contre 210 F CFA durant les quatre campagnes précédentes, soit une hausse de 40 francs sur le kilogramme. A Diourbel, c’est la ruée au niveau des points de collecte. Même si le prix officiel du kg de l’arachide est de 250 il existe un marché parallèle qui propose 350 Fcfa.
Avec une forte concurrence entre les opérateurs privés stockeurs semenciers détenteurs de points de collecte officiels et ceux du marché parallèle, à Diourbel, le démarrage de la campagne de commercialisation de l’arachide est effectif depuis une semaine. Le prix varie entre 250 et 350Fcfa. Au village de Tennefoul (Tocky Gare), un point de collecte officiel est désigné par le Comité National Interprofessionnel de l’Arachide (CNIA) et le commerce de l’arachide bat son plein. « Je viens de vendre 88 Kg d’arachide à 250Fcfa. Nous savons que nous pouvons vendre le kilogramme à un meilleur prix ailleurs. Mais, nous préférons cet opérateur. En faite, c’est une sorte de collaboration parce qu’en juin-juillet, il nous avait vendu des semences ou même donné à crédit », exprime Khollé Diouf, tenant des sacs vides qui contenaient certainement de l’arachide.
Venus de Khoulé, non loin de Tennefoul, Khollé Diouf et ses compagnons se réjouissent de l’augmentation du prix du kilogramme d’arachide. « Nous aurions souhaité naturellement avoir plus, mais nous paysans, ne minimisons pas pas les 40Fcfa de plus de cette année. J’ai vendu 45Kg pour aider mon petit frère à subvenir à certains besoins scolaires. Le choix de ce point de collecte n’est pas un hasard puisque l’année dernier, c’est ici que j’étais venu acheter mes semences à crédit. Alors, c’est normal que je lui vende une partie de ma récolte », affirme, à son tour, Sylla Diagne, tout heureux. Il remercie le Tout Puissant (ALLAH) de l’abondance des récoltes de cette année qui lui ont permis de payer sa dette et de vendre une partie de ce qui lui reste.
A l’entrée du grand magazin de stockage en zinc, le gérant et représentant de l’opérateur semencier Diogo Ngom installe une table à laquelle sont posés des cahiers et des stylos. Il circule entre le bascule et les sacs d’arachide qu’il vient d’acheter. « Conformément à la directive des autorités, nous achetons le prix de l’arachide à 250Fcfa. Nous avons débuté à 11 heures parce que je devais passer par la banque pour récupérer de l’argent. En deux heures, j’ai déjà 665 Kg. Et je suis sûr que l’information de ma présence n’est pas bien véhiculée dans les différents villages. Mais, d’ici les jours à venir, l’affluence va augmenter », indique-t-il. Diogo déplore cependant la concurrence des opérateurs du marché parallèle. Selon lui, c’est des gens qui achètent à des prix variables et ne respectent aucune règle parce qu’ils revendent aux étrangers.
Des accusations que ses collègues du marché parallèle rejettent en bloc. Au milieu des sacs remplis d’arachide, cette opératrice qui a élu domicile à Nébé, à deux kilomètres de la commune de Diourbel, argue que c’est une question de marché. « Peu importe notre lieu d’écoulement, l’essentiel est de proposer aux paysans un prix acceptable. Encore faut-il comprendre que l’Etat fixe une barre de prix à laquelle on ne doit proposer un prix en dessous. C’est un prix planché. Cela veut dire que si l’Etat fixe le prix à 250Fcfa, nous avons latitude de proposer plus. Nous respectons parfaitement la loi », dit-elle.

