De Adama Séne correspondant Teranganews à Saint-Louis
Pour anéantir les vagues cycliques de pirogues remplies de migrants potentiels vers l’Europe, les forces de sécurité ne donnent plus aucun répit aux organisateurs et passeurs des convois de clandestins. La quasi-totalité des voyages programmés dans la capitale du Nord sont éventrés avant d’être même mis en exécution. La dernière opération des forces de l’ordre de Saint-Louis s’est soldée par le démantèlement d’un réseau de recrutement de migrants clandestins entre les quartiers de la Langue de Barbarie, de Pikine 700 et dans des villages du Gandiol. La descente combinée des hommes en bleu et des policiers du commissariat de l’ile dans ces différentes localités a également permis d’interpeller plusieurs capitaines de pirogues et autres personnes impliquées dans le voyage capoté par les forces de sécurité. Ainsi après une garde à vue de 48h à la police, une dizaine de délinquants seront présentés au procureur ce jour.
Le parquet général durcit le ton et menace
D’ailleurs la recrudescence du phénomène « Barça ou Barsax » inquiète au plus haut niveau la justice. Raison pour laquelle le paquet général auprès de la cour d’appel de Saint-Louis a organisé un atelier réunissant des acteurs majeurs de l’institution judiciaire, notamment les procureurs et les juges d’instruction de son ressort, pour leur présenter les institutions telles que le Partenariat opérationnel conjoint (POC), programme européen demandé par le Sénégal qui porte sur la lutte contre le trafic de migrants, les migrations irrégulières et la traite des personnes et aussi les instruments réprimant cette infraction par la Loi n° 2005-06 du 10 mai 2005 relatif à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes. Malheureusement qui restent à ce jour relativement méconnus et par suite, sont peu ou pas utilisés.
A en croire le procureur général auprès de la cour d’appel de Saint Louis, le traitement judiciaire de l’émigration clandestine est un impératif, au regard de la qualification juridique de « trafic de migrants » autour de laquelle il est organisé. » Les poursuites des personnes présumées responsables, lorsqu’elles sont identifiées, sont entreprises dans le cadre de la procédure usuelle de flagrant délit qui, au mieux, permet la neutralisation d’un certain nombre de trafiquants, en laissant souvent intact leur dispositif opérationnel, très vite repris par des associés. C’est pourquoi, il est urgent de recourir à l’utilisation des instruments modernes pour exploiter le contenu des appareils de communication des trafiquants, leur détection GPS pour anticiper sur leurs agissements », a soutenu Mandiaye Niang.
Avant de poursuivre que le trafic de migrants est souvent une qualification générique pouvant comprendre en fait plusieurs infractions complexes, perpétré par des personnes travaillant en réseau et bandes organisées, y compris avec des membres situés parfois hors des frontières nationales. D’où la prise en charge effective d’une telle infraction requiert une remontée des filières via des recours aux délégations judiciaires et commissions rogatoires internationales, a ajouté le procureur général auprès de la cour d’appel de Saint Louis.

