L’ancien président de la République doit être jugé à partir de ce lundi et jusqu’au 10 décembre pour corruption et trafic d’influence. Nicolas Sarkozy encourt une peine de dix ans de prison et une amende de un million d’euros.
Le procès est toutefois suspendu à l’état de santé de Gilbert Azibert, qui pourrait demander un renvoi en raison de l’épidémie de coronavirus et des risques qu’elle fait courir.
Le procès de « Paul Bismuth »
On pourrait presque dire que c’est le procès non pas de Nicolas Sarkozy mais de Paul Bismuth.
Paul Bismuth était le nom d’emprunt qu’il avait pris pour appeler son avocat Thierry Herzog en toute discrétion.
Pourquoi ? Parce que les deux hommes étaient mis sur écoute par un juge d’instruction et celui-ci a vite compris qu’ils utilisaient un autre moyen de communiquer : en l’occurrence une carte SFR prépayée au nom de Paul Bismuth. Et dès lors le juge met également cette ligne Bismuth sur écoute et il découvre que Nicolas Sarkozy et son avocat semblent très préoccupés par une décision que doit prendre la Cour de cassation dans une autre affaire, l’affaire Bettancourt, dans laquelle l’ancien président finira par obtenir un non-lieu. Et ce qui préoccupe Sarko et son avocat, c’est l’utilisation qu’on pourrait faire ou pas de ses agendas. Ils aimeraient avoir des infos sur ce que la Cour pourrait décider et c’est là que serait intervenu, c’est en tout cas la thèse du parquet, un trafic d’influence.
Trafic d’influence
Le trafic d’influence pour rappel, signifie, pour une personne dépositaire de l’autorité publique, d’accepter un avantage en échange d’une influence réelle ou supposée que lui permet sa fonction. En clair se laisser acheter.
Et la justice pense que Nicolas Sarkozy et son avocat auraient proposé à un avocat général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, de les informer voire même d’influencer la décision de la Cour en échange d’un poste à Monaco.
Dans les transcriptions des écoutes on trouve par exemple dans la bouche de Nicolas Sarkozy la phrase suivante : Finalement il n’y aurait pas eu passage à l’acte » je ne l’ai pas senti » dira Sarko à son avocat mais pour la justice ça ne change rien : c’est le pacte corrupteur qui caractérise l’infraction, même s’il n’a pas été réalisé. Voilà pourquoi le président Sarkozy, son avocat Herzog et le juge Azibert se retrouvent aujourd’hui au tribunal, sauf que ce dernier ne se présentera pas pour raisons de santé : à peine débuté ce procès sera donc reporté.

