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Distribution des vivres à Ourossogui : le conseil de la jeunesse crie à l’injustice

La distribution des vivres aux impactés de la Covid-19, dans la commune de Ourossogui, a fait l’objet de vives tensions entre la commission et le conseil communal de la jeunesse. Un différend qui a conduit à l’arrestation du président du conseil sur ordre du préfet du département de Matam. Après d’intenses médiations des autorités de Ourossogui, notamment, Mamadou Dembélé a été relâché. Toutefois, cela n’a pas suffi à apaiser la colère du conseil communal de la jeunesse qui a tenu un point de presse ce jeudi pour dénoncer cette arrestation qu’il qualifie d’arbitraire.

La scène s’est déroulée, il y’a une semaine, au démarrage de la distribution des kits alimentaires dans la commune de Ourossogui. Mamadou Ngawa Dembélé, président du conseil communal de la jeunesse, se basant sur l’arrêté préfectoral exigeant la présence physique pour la réception, s’était opposé à la remise des kits à des représentants de bénéficiaires. Convaincu du bien-fondé de sa position, il fut placé en garde à vue malgré les explications avec l’autorité préfectorale. Le combat est désormais porté par la jeunesse de la commune qui veut crier à l’injustice sur tous les toits. Selon Mamadou Tapa Sy qui était le porte-parole du jour «M. Dembélé quand il était sur les lieux de la distribution, il a constaté des anomalies. En fait, l’arrêté du préfet stipule la présence physique des bénéficiaires pour la réception des kits. Et lui, en tant défenseur des populations de Ourossogui, il a appelé à ce que l’arrêté préfectoral soit respecté. il a exigé que les bénéficiaires soient présents mais les autres membres de la commission se sont opposés à lui. Il (Mamadou Dembélé) a été arrêté parce qu’il était en train d’exercer son rôle en tant que membre de la commission de distribution des vivres. Il n’y était pas de son propre chef, mais il y était sur la base de l’arrêté préfectoral édicté le 19 mai 2020 qui le cite parmi les membres de la commission de distribution. Donc c’est dans l’exercice de ses fonctions qu’il a été arrêté » déclare-t-il
A ceux qui accusaient le président du conseil communal de la jeunesse de Ourossogui d’avoir défié l’autorité du préfet, M. Sy rétorque « le préfet a agi sur la base d’informations erronées pour décider de l’arrestation de notre président. Nous reconnaissons son autorité car il est représentant de l’Etat dans le département mais nous aussi en tant que structure légal, nous avons un champ d’intervention. Mais en aucun cas, nous allons défier son autorité. Le conseil communal de la jeunesse est une structure légale et légitime qui a une feuille de route très claire et dans ses responsabilités, il y a la défense des intérêts matériels et moraux des populations de Ourossogui. » Tonna-t-il.
Cet incident qui a abouti à l’arrestation du président du conseil communal de la jeunesse de Ourossogui est une pilule qui a du mal à passer pour les membres de ladite structure. La démarche du chef de l’exécutif départemental a été pointée du doigt d’où la ferme résolution de la structure « nous, membres du conseil communal, nous n’allons plus maintenant accepter que des autorités administratives que ce soit des préfets ou autres viennent dans notre localité pour essayer de nous intimider, effectivement il s’agit d’une forme d’intimidation, donc nous sommes dans notre rôle de sentinelles, de défenseurs des intérêts matériels et moraux de la population, nous n’allons plus accepter que l’autorité nous empêche d’assumer nos responsabilités, martèle Mamadou Tapa avant de conclure en mettant en exergue le sens républicain de ses collègues « nous sommes bien entendu des républicains, nous serons toujours disponibles pour les autorités, pour les accompagner dans l’exercice de leur pouvoir légal mais plus jamais, nous allons accepter des intimidations venant de n’importe quelle autorité que ce soit du département ou de la région. »

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Gnigno FAYE

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