De Adama Séne correspondant TerangaNews à Saint-Louis
A une semaine de la fête de Korité, ce n’est pas le grand rush ni dans les boutiques de tissus ni dans les ateliers de tailleurs. Une situation que les populations imputent à la crise de la pandémie du COVID-19. Au grand marché de Ndar-Toute, commerçants et couturiers attendent toujours désespérément d’éventuels clients. Notre correspondant depuis NDAR a fait le marché à la rencontre de tailleur et commerçants. Reportage…
En cette veille de fête de l’Aid el fitr, célébrant la fin du mois béni de ramadan, la pandémie du COVID-19 frappe de plein fouet les affaires commerçantes de la vieille cité. En tout cas les vendeurs de tissus et autres tailleurs du marché de Santhiaba dans la Langue de Barbarie ne diront pas le contraire. A en croire ces derniers, ils n’ont pas vu leurs activités se fructifier comme lors des années passées. Trouvé accouder sur son comptoir, une petite sono distillant des khassaides au fond de la boutique, le maître des lieux qui croyait avoir affaire à un acheteur, nous accueille avec un large sourire avant qu’on ne lui décline notre identité et l’objectif de notre visite. Une occasion saisit pour regretter la morosité des ventes en cette période de pandémie de COVID-19.
« Nos affaires ne marchent pas. Faites le tour des boutiques de tissus du marché, aucun commerçant n’a senti l’approche de la Korité. Pour preuve, lors des années précédentes à pareille époque nos places ne désemplissaient pas de monde. Mais depuis que tu es là, seules quelques clientes ont acheté quelques mètres de tissus tandis que d’autres ont seulement marchandé avant de repartir. Nos stocks sont pratiquement restés intacts et nos recettes journalières ont terriblement chuté. Sans risque de me tromper, je peux affirmer que 90% des clients ne sont pas venus faire des achats depuis 02 à 03 mois à cause de la pandémie du COVID-19 » a déploré Laye Diallo.
C’est le même constat noté dans la boutique de vente de tissus de valeurs d’à côté. Selon le patron de la cantine, les clients se font toujours désirer. » Les populations veulent bien s’habiller avec de la qualité mais le refrain est partout le même. Tout le monde dit qu’il n’y a pas d’argent. Les stocks de beaux tissus sont loin d’être épuisés parce que toutes les cérémonies familiales sont interdites pour cause de maladie et notre clientèle est à majorité féminine. Mieux les gens sont plus préoccupés par les dépenses quotidiennes. Peut-être les préparatifs de la Korité ont rendu plus visibles la situation de crise, mais les commerçants de tissus et autres accessoires sont au bord de la crise depuis des mois » a signalé Cheikh Gueye.
Autre marché même décor et même constat. Pas de clients. Les tailleurs du marché de Ndar-Toute tournent les pouces en cette veille de fête de l’Aid el fitr. Au marché des tailleurs, aucune affluence d’avant fête n’est notée. A en croire les responsables des ateliers, la Korité ne se fait pas sentir dans les commandes.
« Les clients ne viennent qu’à compte-goutte. Et souvent les commandes reçues sont destinées aux plus jeunes. Cette fois-ci, peu de parents ont cousu de nouveaux boubous. Pire ceux qui ont commandé peinent à venir les récupérer sous prétexte qu’il n’y a pas encore d’argent » a soutenu Alassane Ndiaye. Des propos confirmés par son collègue de l’atelier d’en face. Selon Lamine Seck, « le COVID-19 a appauvri tous les tailleurs. « N’eut été la confection des masques, certains d’entre nous allez mendier. Les marchés sont vidés dès 16 heures. Ce qui a porté un sacré coup à nos activités. En temps normal, à 15 jours de la Korité tous les tailleurs affichaient le plein. Ce qui est loin d’être le cas pour cette année. Nous passons la journée à se tourner les pouces. Avant la pandémie du COVID-19, notre coin était le lieu le plus animé du marché. Mais à une semaine de la fête, on entend que quelques bruits de machines. Vraiment nous sommes déboussolés » s’est-il désolé. En ce mois de grâce, commerçants et couturiers prient le bon Dieu pour que les affaires de la prochaine Tabaski soient meilleures de très loin que celles de la Korité 2020.

