De Adama Séne, Teranganews Saint-Louis
Les acteurs de la pêche artisanale ruent dans les brancards et dénoncent avec la dernière énergie l’octroi de licences de pêches à des navires turcs et chinois. Dans une brève déclaration au quai de pêche de Guet-Ndar, les responsables de la section locale de l’union Nationale de la pêche artisanale du Sénégal (Unapas) ont invité le chef de l’Etat à revoir cette autorisation pour sauver ce qui reste du secteur et des ressources halieutique du Sénégal.
Très en colère, les pêcheurs de Saint-Louis soutiennent ne pas comprendre la décision du gouvernement via le ministère de la pêche à octroyer près de 56 licences à des navires chinois. A en croire le secrétaire général du syndicat national de la pêche artisanale, « la signature de ces licences à de nouveaux navires étrangers prouvent à suffisance la gestion dangereuse des ressources halieutiques du pays par le ministère de la Pêche. « Les ressources halieutiques se raréfient de plus en plus dans nos eaux. Pratiquement, il n’y a plus de poissons au Sénégal, malgré tout l’année dernière, une vingtaine de bateaux chinois et turcs ont été autorisés à pêcher dans nos eaux maritimes. Malheureusement le constat est amer parce qu’en ces périodes de début d’année, le poisson était abondant, ce qui n’est plus le cas à cause des navires étrangers qui peuvent prendre jusqu’à 300 tonnes/jour. Alors que les pêcheurs artisanaux partagent déjà, un espace restreint avec plus 150 navires étrangers. Sans oublier ceux dont les contrats ont été renouvelés en Décembre 2019 par les autorités de la pêche » a râlé Moustapha Dieng.
Avant de poursuivre que leur principale activité est menacée. Des propos qui ont été fortement appuyés par le représentant de l’union Nationale de la pêche artisanale du Sénégal (Unapas). Selon Idy Ndiaye, « la mesure entreprise par le ministère de la pêche pour délivrer des licences à des navires chinois est incohérente. « Au moment nous parcourons la sous-région pour se procurer des licences parce qu’il n’y a plus de poissons dans nos côtes, comment le ministre et ses services peuvent se permettre d’autoriser des navires étrangers à pêcher au Sénégal. Pire encore avec la découverte du pétrole et du gaz, l’espace d’intervention des pêcheurs s’est rétréci drastiquement. Au lieu de soutenir le secteur et les acteurs, l’Etat s’aventure à vendre le peu de ressources halieutiques qui nous reste à 52 navires chinois. Nous alertons et avertissons ici, que les pêcheurs ne l’accepteront jamais car le secteur est dans une situation catastrophique » a martelé le jeune responsable de l’Unapas/Saint-Louis.
Très remonté, Idrissa Ndiaye invite également ses compatriotes véreux à cesser de collaborer avec certains armateurs étrangers en leur servant de prête-noms. «Beaucoup d’opérateurs qui interviennent dans le secteur de la pêche facilitent aux navires chinois ou turcs l’octroi de licences de pêche en portant leurs dossiers. Pourtant les autorités sont au courant. Maintenant il faut que ces pratiques mafieuses arrêtent » a soutenu M. Ndiaye.

