De Adama Sène, Correspondant TerangaNews à Saint-Louis
Le fondement de l’économie du pays est l’économie sociale et solidaire. Ainsi pour la booster et la développer, les autorités ont mis en place la micro finance dont celle dite islamique pour accompagner les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Cependant, la micro finance rencontre des difficultés. D’ailleurs les nombreux obstacles rencontrés dans le secteur de la micro finance problèmes ont occupé le centre des échanges du comité de développement régional tenu dans la capitale du Nord.
C’est un secret de polichinelle de dire que les taux de prêt sont un goulot d’étranglement des clients des institutions financières. A en croire la coordinatrice du programme de développement de la micro finance islamique, le problème principal de l’application de la micro finance reste les taux élevés. Raison pour laquelle, a-t-elle soutenu, il faut faire un véritable plaidoyer pour enlever la tutelle des micro finances au niveau des banques. « Pour accéder au financement et au fonds de refinancement, les établissements de micro finance passent par les établissements bancaires.
Si ce tutorat est enlevé, les établissements de micro finance pourront bénéficier directement au fond de refinancement au niveau de la BCEAO et cela enlèverait le taux élevé qui est appliqué par les banques pour faire du refinancement avec les établissements de micro finance » a déclaré Yaye Fatou Diagne à la fin du CRD. D’ailleurs pour juguler ces manquements et accompagner les populations dans la lutte des taux de l’usure, Mme Diagne a signalé que la finance islamique, est venue pour apporter une nouvelle démarche. « Dans cette nouvelle démarche, le fonds de refinancement dans la pratique de la finance, vu sa dimension éthique et morale, les marges appliquées dans la finance islamique ne devrait pas dépasser le taux de l’usure qui est d’emblée fixée par la BCEAO et cela réglerait aussi le problème des taux assez élevés, qui est le combat du président de la république » a-t-elle ajouté. Avant de regretter que le non utilisation de certains outils et moyens de paiement conventionnel. « Les établissements de micro financent n’émettent pas de chèque, ne donnent pas des cartes gap. Pourtant, ça devrait être des outils qu’ils peuvent utilisés pour permettre la facilité des opérations de micro finance et aussi porté un coup d’épée à l’inclusion financière parce que beaucoup sont encore réticents , vu les lourdeurs de la pratique de l’activité de finance dans les établissements de micro finance. Ce sont ces deux barrières qui gagneraient à être levées» a invité Yaye Fatou Diagne. Selon toujours la coordinatrice de « PROMISE », la finance islamique diffère de la finance classique de par l’approche et par la démarche. « Dans la démarche de la finance conventionnelle, c’est une spéculation sur l’argent qui se fait. Lorsque vous avez un projet, je finance le montant demandé et vous restez me devoir le montant plus les intérêts que j’ai calculés et le taux d’intérêt appliqué, plus éventuellement les différentes pénalités et les retards qui sont adjoints à la démarche de la finance classique.
Quant à la finance islamique, le banquier qui l’exerce, il est ton commerçant, il ne vend pas de l’argent, mais il vend des biens et des services. Donc là, c’est toute la différence entre les deux formes de financement » a conclu Mme Diagne.

