Alioune Badara Sall Teranganews Rufisque
Pour la dix-septième édition de la célébration du naufrage du bateau le « Joola » qui a fait 1863 morts officiellement, les parents et proches des victimes se sont rappelés de leurs disparus ce jeudi 26 septembre 2019 au cimetière mixte de Mbao. C’est dans ce cimetière où sont inhumés beaucoup de corps non identifiés. La cérémonie de prières s’est faite en présence de l’imam de Mbao et du curé de Keur Massar.
Cette année, les enfants des victimes du naufrage du bateau ont exprimé leur inquiétude quant à leur prise en charge qui s’élève à cinquante mille Francs (50.000 francs) par mois depuis 2017 soit une évolution d’années en années en plus du suivi. En effet, les pupilles bénéficient de soutien de l’Etat du Sénégal mais la plupart d’entre eux atteindront leur majorité l’année prochaine. Cette inquiétude se justifie par le fait qu’ils en ont encore besoin puisque beaucoup d’entre eux sont encore dans le besoin et ont souhaité le rallongement de l’âge à deux ans.

Une requête que le président de l’office national des pupilles de la nation dit avoir été prise en compte lors de différentes rencontres. « Nous avons fait une requête auprès de autorités pour que l’âge soit augmenté. Je ne peux pas vous assurer que c’est une possibilité que l’âge soit augmenté mais nous avons fait la requête au niveau de notre conseil de surveillance. Nous avons donc écrit à qui de droit pour qu’on puisse revoir l’âge limite des pupilles de la nation jusqu’à 21 ans » rassure Abdou Aziz Ndiaye.
L’émotion est encore vive chez les familles des victimes du naufrage du ferry le Joola. Par la voix de Idrissa Diallo, les familles ont dénoncé l’attitude des autorités dans le traitement du dossier. Il reconnait que les familles sont impuissantes face à l’Etat après des années de lutte. « On n’a pas pu avoir ce rapport de force avec l’Etat du Sénégal pour rendre justice. 17 ans après, c’est la colère, c’est l’amertume. Tous les jours, on souffre, on vit avec cette souffrance. On n’a pas pu faire un deuil qui est vieux de dix-sept ans » se désole le président du collectif des victimes du bateau le Joola.
Venue se recueillir devant les tombes de ses proches, Nadine Verchatt, de la famille des victimes françaises, a dit s’engager avec les autres familles pour le respect de leurs droits. Ayant perdu sa fille, âgée à l’époque de vingt ans, elle dit ne pas comprendre l’absence des autorités à la cérémonie de prières. « Nous ne pouvons pas faire le deuil. L’Etat n’est même pas là, il n’a pas de représentant.
Aujourd’hui, nous avons besoin d’être respectés » se désole-t-elle. Sa désolation est d’autant plus grande que la justice de son pays, selon elle, a bafoué le dossier pour des intérêts économiques et politiques. « Je ne suis pas fière de la France. Je ne suis pas fier de ça. Je montre du doigt ce gouvernement de Macky Sall, je n’ai pas peur, comme la justice française et le gouvernement d’Emmanuel Macron, pourra faire quelque chose mais ils ont préféré bâcler ce drame. Les autres associations de drame, que ce soit de crash d’avion, de chavirement de bateau, les associations se battent tout le temps. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas avancer » dénonce-t-elle avec la dernière énergie.
Cette cérémonie de prières a été l’occasion pour les familles des victimes de rendre hommage à Moussa Cissokho qui fut le président de l’ANFVJ (Association Nationale des Familles des Victimes du Joola) rappelé à Dieu et dénoncer l’absence des autorités à la commémoration de cette année.

