Cheikh Bamba Dièye leader du du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (FSD/Bj), fait partie des sept parlementaires qui n’ont pas voté la réforme constitutionnelle portant suppression du poste de premier ministre voté à l’Assemblée nationale ce samedi 4 mai par 124 voix pour contre 7 abstentions et 7 contre sur 138 votants.
Dans son intervention l’ancien maire de Saint-Louis a donné le pourquoi il n’est pas en phase avec le président Macky Sall dans sa volonté de supprimer le poste de Premier ministre, »le projet de loi portant suppression du poste de Premier ministre pose problème à plusieurs niveaux. Le premier est l’absence de débat et de concertation autour d’une question aussi substantielle. Nous sortons d’une élection où l’initiateur de ce projet n’a jamais, en 21 jours de campagne, évoqué le sujet. Et du jour au lendemain, à la surprise générale, il nous balance sa décision de supprimer un organe aussi important dans notre attelage institutionnel », s’est-il indigné.
Selon lui, « un tel projet aurait dû faire l’objet d’un débat réunissant toutes les forces pensantes de la République. Un débat, sans lequel, l’instabilité institutionnelle deviendra la règle. Car chaque régime viendrait avec le dispositif qui lui conviendrait sans jamais se soucier de la consolidation de l’État de droit et de la démocratie ».
Le second problème avec ce projet de loi, indique le chef de file du parti Fsd/Bj, est que du fait qu’il va sans doute accroitre les pouvoirs déjà exorbitants du chef de l’Exécutif, son adoption va lui permettre de regrouper entre ses mains, ses pouvoirs traditionnels et ceux détenus par l’ancien Premier ministre. Avec ce projet, le Chef de l’État n’est plus le chef de l’Exécutif, il est l’exécutif à lui tout seul.
Cheikh Bamba Dièye assimile cette réforme à une « hypertrophie insensée et absolue des pouvoirs du Chef de l’État (qui) va à l’encontre de la démocratie qui postule une nécessaire déconcentration du pouvoir. De cette façon et de manière classique, un exécutif monocéphale s’accompagne toujours de la disparition du gouvernement en tant qu’institution alors que le projet de loi continue de parler de gouvernement en tant qu’institution constitutionnelle de la République du Sénégal ».
A l’en croire, « cette loi, si elle est adoptée, va retirer à l’Assemblée nationale toute possibilité d’immixtion dans le pouvoir exécutif. Alors que le président de la République qui sera à lui seul le tout de l’exécutif gardera l’initiative de la loi. Ce qui est à mon sens une incongruité. Car en règle générale dans le monocéphalisme de l’exécutif tout le travail incombe à l’exécutif doit revenir au chef de l’État et l’exclusivité du travail législatif à l’Assemblée nationale. Le système ici proposé va permettre à l’un des pouvoirs d’intervenir dans le domaine de l’autre sans aucune forme de contrepartie. (…). Chacun de nous aurait dû aujourd’hui, se demander est-ce que cette loi est une priorité ».

