Adama SENE Teranganews (Saint-Louis)
Les boulangers de Saint-Louis montent au créneau et dénoncent avec la dernière énergie les mauvaises conditions de travail et de traitement salarial dont ils sont victimes de la part de leurs employeurs. En assemblée générale dans la capitale du Nord, les professionnels de la farine ont listé les nombreux maux qui gangrènent leur métier avant d’interpeller les autorités gouvernementales à appliquer de sévères sanctions sur les malhonnêtes patrons de boulangeries.
S’il y a des travailleurs qui doivent taper sur la table pour exiger des hausses ou de faveurs dans le milieu de la farine, ce sont les boulangers. En tout cas telle est la déclaration de l’association des boulangers de Saint-Louis qui regroupe en son sein plus de mille membres.
Mais à en croire le président de la structure, les ouvriers-boulangers souffrent le martyr et ne peuvent plus continuer à supporter la « maltraitance » et le diktat imposés par les patrons de boulangeries. «Les employés dans les boulangeries sont presque réduits à l’esclavage. Ils travaillent durs et sont renvoyés suivant les humeurs des patrons. Ils bénéficient d’aucune considération des employeurs. Pourtant nous les donnons beaucoup de millions de francs Cfa, mais en retour nous ne gagnons rien du tout. Sinon des salaires de misère et de permanents licenciements abusifs. Sur le millier de membres que compte l’association, moins de 10% seulement détiennent des contrats de travail. Et quel type de contrat, ont-ils même signé avec les patrons» s’est désolé Oumar Niang.
Très remonté, le président de l’association des boulangers de Saint-Louis d’ajouter «les boulangers sont rémunérés entre 1500 F à 2500 F par jour suivant la station occupée dans les lieux. Aucune prise charge sociale ne nous est garantie. Quand un boulanger tombe malade, il n’est pas pointé et c’est lui lui-même qui se prend en charge pour se soigner. D’ailleurs il en est de même pour sa famille».
Profitant de la rencontre, les boulangers ont fustigé avec véhémence leurs mauvaises conditions de travail dans les boulangeries. «Les patrons ne sont intéressés que par les bénéfices. A toute interpellation d’amélioration du cadre et des conditions de travail, ils répondent par des menaces de licenciements. Nos membres travaillent dans des conditions presque inhumaines et n’ont aucun droit de revendiquer. Faites le tour de toutes les boulangeries de Saint-Louis, vous ne verrez nulle part des ouvriers équipés ou protégés» a soutenu Oumar Niang.
Raison pour laquelle, les boulangers de Saint-Louis interpellent l’Etat à sévir et à apporter des solutions définitives à leurs nombreuses doléances. «Des mesures fortes s’imposent dans le secteur de la boulangerie, surtout en ce qui concerne les ouvriers-boulangers. Pour stopper la surexploitation des boulangers, il est temps que l’Etat nous trouve une convention collective et l’impose à tous ceux qui investissent dans le secteur. Mais pour cela, le gouvernement doit aussi nous associer à toutes les discussions ou assises de la boulangerie parce que nous sommes mieux placés que quiconque pour expliquer nos souffrances quotidiennes» a suggéré le président de l’association des boulangers de Saint-Louis.
Adama SENE (Saint-Louis)

