De Youssouf DIMMA, correspondant à Ziguinchor.
Après avoir découvert l’inscription « Coalition Sonko Président » sur des épreuves de français des classes de secondes littéraires séries L du Lycée Ahoune Sané de Bignona, l’inspecteur d’académie de Ziguinchor a décidé de porter l’affaire devant la justice en portant plainte contre X auprès du procureur de la République de Ziguinchor. Siaka Goudiaby a ensuite relevé de ses fonctions le proviseur Mamadou Diallo Sambou, le censeur Edmond Badiane et le surveillant chargé de l’impression des épreuves Habib Sané. Sitôt informés, les élèves du lycée ont décrété un mot d’ordre de grève de 72 heures renouvelables alors que la COSYDEP (Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’école publique) et le syndicat d’enseignants SAEMSS (Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal) a fustigé « une décision prise à la va-vite » par l’inspecteur d’académie de Ziguinchor.
Siaka Goudiaby qui a tenu un point de presse ce jeudi après avoir rendu public à 20h hier mercredi un communiqué pour expliquer « les raisons qui sous-tendent sa décision, a déclaré avoir immédiatement nommé des intérimaires pour assurer la continuité de l’administration aux postes de proviseur, censeur et surveillant ». M. Goudiaby dit avoir « pris cette mesure conservatoire et de sauvegarde pour que les concernés puissent facilement être à la disposition des gendarmes enquêteurs et qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt ».
Quant aux élèves dudit lycée, ils ont convoqué une assemblée générale ce jeudi 21 février dès 8 heures pour apprécier la décision suspendant leurs proviseur, censeur et surveillant. A l’issue de leur assemblée générale, ils ont décrété un mot d’ordre de 72 heures reconductibles. C’est dire que dès le lendemain de l’élection présidentielle de ce 24 février, ces élèves risquent de décréter un nouveau mot d’ordre de grève.
Quant à Moussa Sakho, le responsable régional de la COSYDEP, il n’a pas manqué de réagir, précisant que « l’espace scolaire est un espace par essence apolitique ; on ne doit pas l’utiliser pour véhiculer des positions partisanes ». Moussa Sakho en « appelle toutefois à la retenue de part et d’autre afin que cette affaire soit gérée dans la sérénité et le calme ». Pour lui, « si les coupables encourent une peine de prison, qu’il en soit ainsi, à défaut de quoi, qu’ils soient purement et simplement blanchis et qu’ils soient rétablis dans leurs fonctions respectives ».
Mame Dabo, secrétaire général du SAESMSS, déclare lui qu’ « en attendant une position et une décision concertées découlant de la rencontre que nos collègues de Bignona ont convoqué pour aujourd’hui, notre position de principe syndical est que l’espace scolaire n’est pas celui des politiques politiciennes ; cependant, nous déplorons la mesure prise à la va-vite par l’inspecteur d’académie de Ziguinchor qui a porté plainte et qui se doit par conséquent d’attendre les résultats de l’enquête pour sanctionner ».

