Un hommage unanime. A l’instar du peuple sénégalais, les quotidiens ont parsemé la « Une » de leurs journaux d’informations en rapport à la disparition d’El Hadj Sidy Lamine Niass. Comme le défunt était un des patrons les plus influents du pays, il ne pouvait en être autrement. L’hommage des journaux fut élogieux.
Le Quotidien et Sud Quotidien lui ont réservé leurs Unes entières.
« Sidy… Ficile, Walf perd son guide, » titre-le Quotidien
« Adieu l’éternel combattant, » à la Une de Sud Quotidien
« Adieu, Mollah, » écrit-l’Observateur
« Un éternel combattant pour la liberté, » charge-Enquête à sa Une
Entre le climat du mardi 4 décembre au siège du groupe Walfadjiri, son parcours, de ses origines à ses combats et les témoignages, les journaux lui ont dédié toute leur espace.
« Walf pleure son dernier Mohican, » charge-Enquête.
« Le décès de Sidy Lamine Niass a plongé le groupe Walf dans le désarroi. Visages tristes, voix nouées, les travailleurs ont vécu un début de journée inhabituelle. Les amis de Walf, ses sympathisants ont convergé vers le siège du groupe, tristesse et consternation perceptibles, » raconte-le Quotidien.
« Le taxi qui avait pour destination le siège du groupe de presse Walfadjiri a dû se rendre à l’évidence, au rond-point de la liberté 6, » lit-on dans l’Enquête. « Il sera difficile de passer, vu l’embouteillage habituel, mais exceptionnel de cette mi-journée qui obstrue le Front de Terre où se trouve le groupe de presse. Les passagers, compréhensifs ou empressés d’entrer dans cette bâtisse imposante, sortent de voiture et poursuivent le reste du trajet à pied. ‘’Sidy a tiré sa révérence. Il faut vraiment que je lui témoigne toute ma reconnaissance,’’ » crie à tue-tête un jeune aux cheveux hirsutes dans l’Enquête. A l’intérieur, les différents paliers abritant les rédactions, radio, télé et presse écrite bruissent des sanglots sporadiques des employés de maison.
Les journaux n’ont pas manqué de dresser son portrait. Agé de 68 ans, il a marqué son époque de par son itinéraire. « Né le 15 août 1950 à Kaolack, de Khalifa El Hadj Mohamed Niass et d’Amina Bint Barham, Sidy Lamine a en effet un parcours plus ou moins atypique, avec son statut d’enseignant, de juriste, de marabout, de patron de presse, de combattant pour la démocratie, » lit-on dans les colonnes de l’Observateur.
A travers la presse, qui a été son arme de guerre pour la démocratie et les sans-voix, des témoignages de ce que fut l’homme, des cris de reconnaissance, pour ce qu’il a accompli pour le peuple…
Le Président Macky Sall a réagi à la suite de l’annonce de la nouvelle sur Twitter en ces termes : « J’ai appris avec émotion la disparition de Sidy Lamine Niass, grand nom de la presse sénégalaise, témoin actif des mutations et des luttes démocratiques de notre société. Ma compassion à sa famille, au groupe Walfadjiri et à la presse du Sénégal. Qu’il repose en paix. »
Safwat Ibraghith, ambassadeur de la Palestine au Sénégal : « La Palestine vient de perdre un grand soutien. »
« La Palestine vient de perdre un grand-frère et un grand soutien à sa cause. Sidy Lamine Niass est décédé. Homme pieux et attaché au message de l’Islam, penseur islamique, leader sénégalais, réformiste socio-politique, homme visionnaire et diffuseur des valeurs, humaniste, farouche défenseur des causes nobles, dont la cause palestinienne. L’Ambassade de Palestine partage cette grande douleur, adresse toutes ses consolations à l’égard de la famille du défunt et présente ses profondes condoléances à la Nation sénégalaise et à toute la Oummah islamique, » lit-on dans l’Observateur.
Youssou Ndour : « C’était un grand-frère, une référence pour moi. »
« Sidy Lamine était un grand-frère pour moi parce qu’il habitait avec mes parents. On le voyait souvent et mon père nous disait que c’était notre grand-frère. Il était toujours présent et au premier plan dans tout ce qui se passait dans la maison. C’était un bon voisin qui s’impliquait dans tout ce qui se passait dans le quartier. Il était aussi une référence pour moi. Si aujourd’hui on a le courage d’investir dans la presse, c’est parce qu’il a été le pionnier qui a balisé la voie. Il a beaucoup fait pour la presse, la démocratie, et la liberté d’expression. Un homme utile pour son pays est parti. Je présente mes sincères condoléances à sa famille, au personnel du groupe Walfadjiri et à tout le Sénégal, » lit-on dans l’Obs toujours.
Madiambal Diagne, Président Groupe Avenir Communication : « Sidy Lamine m’a tout appris ; il m’a montré la voie. »
« Le décès de Sidy Lamine Niass est une grosse perte pour le monde de la presse. Son engagement n’est plus à démontrer. Il est le premier à monter une entreprise de presse privée. Sa disparition nous laisse sans voix. Si, aujourd’hui, j’ai eu le courage de mettre en place un groupe de presse, c’est en partie grâce à lui. Il m’a tout appris et montré la voie. C’est une immense perte pour la presse, » lit-on dans le quotidien Enquête.
Ousmane Sonko, leader de Pastef : « Le Sénégal vient de perdre un homme exceptionnel. »
« Nous nous étions longuement parlé au téléphone la semaine dernière. Il pétillait de forme et était intarissable de projets et d’initiatives pour le Sénégal. Je lui avais promis, à mon retour de voyage, de lui réserver ma première visite. Rentré très tard le soir, je suis arraché de mon sommeil le matin par la brusque et surprenante nouvelle de son rappel à Dieu. Je suis profondément attristé par cette nouvelle. Le Sénégal vient de perdre un homme, un fils exceptionnel, dont les dimensions nationales, religieuses, citoyennes, et démocratique de l’œuvre n’ont pas encore totalement été dévoilées au monde. Pastef/Les patriotes, par ma voix, présente ses sincères condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble du peuple sénégalais, » relate-Sud-Quotidien.
Pour diversifier l’actualité d’aujourd’hui, teintée d’émotions du fait de cette perte de l’un des piliers et pionniers de la presse, une touche éco-social.
Polémique autour du vaccin contre le cancer du col de l’utérus : « Le ministre réclame la confiance des sénégalais, » écrit-l’enquête.
Tout le monde s’attendait à cette question. Du moins aux explications du ministre par rapport à l’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus dans le Programme élargi de vaccination. Un vaccin destiné pour le moment aux filles âgées de 9 ans et qui est très controversé. Des commentaires qui ont poussé certains parents à ne pas faire vacciner leurs enfants par crainte. Mais, mardi 4 novembre, le ministre de la Santé et de l’Action sociale a tenu à rassurer quant à l’efficacité du vaccin, lors du vote du budget de son département. Il a demandé aux sénégalais de leur faire confiance. Tout est parti d’une interpellation du député Theodore Chérif Monteil qui, dit-il, en tant que scientifique, a de sérieux doutes sur l’opportunité de ce programme, sur son caractère éthique et son efficacité. Avant de demander si le pays dispose de données chiffrées prouvant l’efficacité de ce vaccin.

