C’est dans un contexte d’études noirci par des grèves des enseignants, que se déroule le premier examen, marquant, de la vie d’un écolier. Les épreuves du CFEE (certficat de fin d’études élémentaires) ont commencé ce mardi 26 juin sur l’ensemble du territoire.
Ceux qui sont passés par là, perçus aujourd’hui comme, des personnes accomplies, sont enveloppés par une once de nostalgie. Il y a toujours une première fois et toute première est marquante et à jamais gravée dans les esprits, n’est-ce pas ce qu’on dit. C’est tout naturel donc que l’on se souvient de cet historique jour où l’on a franchit un centre d’examen.
A Mère Jean Louis Dieng, niché dans le quartier de Fass, les élèves, perçus à travers les fenêtres ouvertes, l’air concentré, s’abandonnent à leur réflexion. Ne pouvant visiblement pas répondre aux questions, une surveillante, Mme Ndiaye nous renseigne sur le déroulé de l’examen. » Tout se passe, » lâche-t-elle avant même qu’on ait eu le temps de terminer la phrase. L’air pressé, elle poursuit « Nous avons commencé avec les épreuves de français, et il n’y a pas eu de problèmes secondaires, » constate-t-elle avant de couper court à la conversation.
Guettant la sortie des élèves pour la pause, direction le collège Anne Marie Javouhey. La différence entre ces deux écoles réside dans l’ambiance. Ici, en plus des élèves d’Anne Marie Javouhey, le centre accueille ceux de Joseph Gomis, de l’école franco-sénégalaise, et de l’école Abdel Aziz Ben (AS).
Ici donc, pas de calme olympien, les élèves se dégourdissent les jambes et les esprits. C’est entre deux bouchées de sandwich qu’Adja Aminata Mboup, haute comme trois pommes répond à nos questions. Dis donc c’est l’épreuve qui vous a affamé comme ça ? lui demandons-t-on après un long silence de sa part. Partie d’un grand éclat de rire, elle répond : « Oui ça on peut le dire. La réflexion fait gargouiller le ventre, » dit-elle d’une aisance que lui envierai bien des adultes. Dans un français limpide, d’une voix titillant l’ouïe, Adja Aminata affirme : « Je suis douée en français, dit-elle confiante. D’ailleurs, c’est ma matière préférée. Pour moi, l’épreuve a été abordable. J’ai confiance. Je prie juste pour avoir la même chance en mathématique. »
A l’opposé, Rokhaya Daba Camara a pour sa part eu bien des difficultés. « Je suis plus tournée vers les calculs, » dit-la petite à l’esprit cartésien. « D’après les commentaires que l’on entend au sortir d’une épreuve, ça le faisait. Mais moi, dit-elle après hésitation, c’est juste à vous que je le dis, articule-t-elle, laissant sous entendre qu’à ses parents, elle dira le contraire, je suis perplexe, confie-t-elle avec une moue. « On nous a demandé de décrire un lieu qui nous a marqué, renseigne-t-elle. Mais j’ai toujours eu un problème avec la rédaction, » dit-elle avant de courir vers une camarade qu’elle vient de reconnaître.
Quelque chose attire quand même l’attention, la petite taille des élèves de Cm2. Comme s’ils étaient pris d’une fièvre les rendant rabougri. A cette pensée, l’on aperçoit Mohamed Alassane Fall, élève à l’école primaire de la Gueule-Tapée, Alie Codou Ndoye. Habillé d’un pantalon un peu large pour lui, casquette sur la tête, assortis d’une paires de vans, la démarche façon bad boy américain, il se dirige vers nous à notre interpellation. « J’ai 12 ans,’ renseigne-t-il de but-en blanc. « Non je ne suis pas inquiet, tout va bien se passer. Notre maître nous a dit de faire comme si nous étions en composition. »
En tout cas les candidats au BAC vont sûrement leur envier leur zen attitude. L’inquiétude se perçoit que chez quelques rares d’entre eux.
Le chef du centre Alié Codou Ndoye et directeur de l’école Djaraf Ibra Paye, confortablement installé dans son bureau, entouré de professeurs affirme que les épreuves étaient largement à la portée des enfants. « Ils ont démarré à 8h avec langue et communication en ressources et compétences également appelé rédaction et texte suivi de questions. Le taux de participation des élèves et surveillants est satisfaisant. Aucun absent n’est noté pour l’instant, précise-t-il, du côté des candidats et des surveillants. L’examen se passe sans incident et il y’a une bonne organisation, » dit-il.
Demain, mercredi 27 juin, correspond au deuxième jour d’épreuves et la fin de la session 2017/2018 du CFEE.

