Le Sénégal est aux couleurs de son drapeau. Tous derrière les lions, les rues de la ville de Dakar sont teintées vert, jaune, rouge. Des taxi-mans aux écoliers, en passant par les tous-petits, aux commerçants, sans oublier la gente féminine, tous ont un symbole affichant fièrement leur attachement à leur équipe, et pour la même occasion, à leur nation. Maillots à l’effigie de leur supporter, brassards, écharpes, drapeaux, tout y passe.
En cette lendemain de victoire du Sénégal sur la Pologne par 2 buts à 1, un tour au marché Colobane témoigne de l’importance qu’accorde le peuple sénégalais à la participation de leur pays à la Coupe du monde, après 16 années d’absence. Moussa Sarr est commerçant dans ce populaire marché. Il assure que même les vendeurs de culottes se sont mus en vendeurs de maillot, tellement rentable en ce moment. « Nous rayonnons de joie, regardez-nous, s’exclame-t-il. Les maillots se vendent comme de petits pains. Hommes comme femmes, enfants, vieillards, tous les réclament. Je suis même à court de stock, vous-voyez, dit-il en pointant du doigt le seul maillot qui lui reste.
Je les vends à 4000 ou 5000 francs. »
A l’instar de Moussa, Khalifa Ababacar, troque son statut d’étudiant dans une école de formation, pour celui de vendeur de brassards. « Je les vends à 300 francs l’unité, et je me rempli les poches, » dit-il en haussant les épaules. Habillé tel un drapeau, il arpente les rues de la capitale depuis une semaine. « A chaque situation, une opportunité, explique-t-il. Je ne fais qu’appliquer ce que l’on m’a appris à l’école, saisir les opportunités. »
« J’aime cette équipe qui nous fait gagner de l’argent, » dit-Alioune, le Baol-Baol. Tout sourire, entourés d’un petit monde, le vendeur de drapeau écoule aisément sa marchandise. « Voyez par vous-même, dit-il, certains ne font même pas du marchandage. Les gens passent, s’arrêtent et achètent comme si c’était à manger, » dit-il tout content.
Ils se frottent les mains ces vendeurs. A l’autre bout du monde, les joueurs occupent le marché de l’achat et de la vente, participant ainsi, à l’économie de leur pays. Comme le dit Ndack Sarr, la supportrice se décrivant émotive, il est impensable de ne pas avoir un maillot du Sénégal dans ses armoires même en tant normal. Alors en ces temps, encore moins, certainement…





