De Alioune Badara SALL, Kédougou.
Comme une habitude, les kédovins vivent cette situation depuis deux mois. Voilà deux mois que l’eau ne coule plus des robinets dans la commune de Kédougou, ce qui les indispose au quotidien. Chaque jour, ces personnes, bassines et bidons d’eau font le tour des services comme le tribunal départemental pour remplir leurs bidons. Chaque jour, un camion citerne les approvisionne en eau. Seulement, l’eau n’est pas potable.
Selon cette dame trouvée dans sa maison, au quartier Compagnie, « la qualité de l’eau n’est pas bonne. On l’utilise pour la vaisselle, pour nettoyer les toilettes et pour faire le linge ». Gnagna Boye d’ajouter que pour boire, ils achètent des sachets d’eau à la boutique. « Dans le frigo, il n’y a que des sachets d’eau. On achète chaque jour quatre à cinq sachets d’eau de 500 francs chacun ». Elle est appuyée par sa voisine qui fait son entrée. Anta Kane de se demander « comment est-ce qu’une région comme Kédougou peut ne pas avoir de l’eau alors qu’il y’a des réserves d’eau dans la région ». Dans une autre maison, c’est le même son de cloche. Ici, sous le couvert de l’anonymat, dans le quartier de Dinguessou, cette femme se désole de cette situation. « Depuis deux ans nous vivons cette situation depuis deux ans. Nous achetons l’eau et pour l’amener à la maison, on doit payer un charretier pour le transport, ce qui est difficile » martèle-t-elle.
Autre chose qui leur fait mal, c’est le fait de payer des factures alors qu’ils n’ont pas d’eau. Elle espère tout de même que ce mois ci, il n’y aura pas de facture. Mais, cette dame souhaite que l’hivernage s’installe car, en cette période, la distribution d’eau est régulière. Cette situation est rendue difficile par la canicule qui sévit dans la région orientale du pays. Cet état de fait est ressenti par les habitants de cette commune et dans toute la région. Suffisant pour que les habitants pointent du doigt les autorités qui, à leurs yeux, ne font aucun effort pour améliorer les conditions de vie des populations. Ce chef de famille va plus loin. Mamadou Minte de dire que « nous n’avons pas de maire. La région de Kédougou n’est pas considérée. Ils n’attendent que les élections pour venir solliciter nos suffrages. Nous les attendons car Kédougou n’a rien ». Ce chef de famille, qui est en train de construire un autre bâtiment, est obligé d’acheter des barils d’eau pour ses travaux. En ce début du mois de ramadan, les populations de Kédougou appellent de tous leurs vœux que le problème d’eau auquel elles sont confrontés depuis des mois soient un vieux souvenir. Un espoir qu’ils nourrissent jour après jour.



