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Saint-Valentin 2018 – Commerce : Chez les vendeurs, le maître-mot « peut mieux faire ! « 

Ce mercredi, les rues des quartiers populaires de la ville de Dakar sont vides à l’exemple du rond-point Castors, lieu habitué aux embouteillages. Les ronds-points qui d’habitude sont bondés de véhicules ne le sont plus alors qu’il est 10h passées de quelques minutes. Pourtant, au centre-ville précisément à Sandaga, l’atmosphère et les vitrines sont au rouge et au noir. Oui, ce mercredi c’est le 14 février, jour de la Saint- Valentin. La fête des amoureux.

Dans les rues du centre-ville, des jeunes hommes tentent de vendre aux passants les roses en leur disposition. Omar Diop livre qu’« en matinée, on n’a pas trop de clients. Mais c’est en soirée qu’on fait plus de recettes car on se rend dans les restaurants et on les liquide comme de l’eau ». Vendues à 500 ou mille francs CFA l’unité, le commerçant ambulant confie, que sa technique de vendre dans les restaurants est une astuce pour pousser les hommes à faire plaisir à leur compagne à l’occasion. « Lorsqu’on tend le lot de roses, l’homme est obligé d’acheter et souvent la femme choisit elle-même et c’est son homme qui paie. Toutefois, certains hommes refusent catégoriquement » nous dit-il avant de nous en proposer une pour achat.

Des astuces pour vendre davantage, Mamadou Wagne gérant d’une boutique de cosmétiques en a également. Depuis samedi dernier, sa boutique fait des remises de 10% sur tous les produits et services. « Nous faisons des coffrets de gammes corporelles et capillaires à 17 mille francs CFA. Les Parfums sont à 7 mille francs et au niveau du salon de coiffure, la remise est valable sur tous les types de coiffures », nous renseigne le gérant avant de préciser que la remise s’arrêtera à minuit.

En ce qui concerne la clientèle, Mamadou Wagne spécifie, que « la majorité des clients est masculine. Ils achètent le plus souvent les produits de maquillage et les gammes corporelles, nous leur offrons gratuitement l’emballage », explique le gestionnaire avant de préciser que le chiffre d’affaire augmente sans pour autant s’avancer dans les détails.

A quelques pas de là, Aïcha Diallo tient sa boutique de vêtements et accessoires de chambre. La vitrine décorée de rouge met en évidence des sous-vêtements et nuisettes de couleur noire ou rouge, les paillettes ne sont pas en reste. Elle aussi reconnait que les hommes sont les principaux acheteurs. « Ils prennent le plus souvent les nuisettes comme présent pour la Saint-Valentin. Mais les femmes n’achètent pas ». Cependant, la dame, n’a rien remarqué comme recette cette année durant la fête. « Depuis hier, nous n’avons reçu que quatre clients tous des hommes. Les années antérieures, oui, nous avions des clients, et nous faisions de bonnes recettes, mais cette année c’est dur ».

De l’autre côté de la rue, la boutique Numéro Uno, reçoit ses clients avec moins de 20% à la carte à l’occasion de la Saint-Valentin. Dans la boutique, les articles masculins à savoir les vestes et les costumes sont en promotion et les articles pour femmes ne sont pas laissés en rade. Khadidiatou Henriette est la gérante. Pour elle, rien n’a changé côté recette. « Il n’y a pas de grande différence dans les recettes, cette année il n’y a pas trop d’engouement, surement que c’est la crise ».

Omar Ndiaye cherche un pullover pour offrir, mais pas à sa Valentine, non, plutôt à sa sœur, sa meilleure amie. « Elle est très spéciale pour moi. C’est ma confidente, mon binôme. Et comme cette fête c’est pour témoigner son affection à l’égard de la personne qu’on apprécie vraiment, je me suis mis en quête d’un cadeau qui pourrait lui faire énormément plaisir ».

Dans un emballage de couleur rouge, Amadou Diagne, se presse de ranger le paquet dans un sachet choisi pour l’occasion. « Je lui ai pris un nuisette, des boucles et d’autres petits trucs.

Je sais qu’elle sera contente ». Et lorsqu’on lui demande combien cela lui a-ti-il coûté, la réponse est claire « ce n’est pas le prix qui compte, ni la qualité, mais le geste », nous renseigne l’homme vêtu d’un costume bleu-marine.

Et pourtant, dans toute cette mouvance, il y en a qui affirment n’avoir jamais célébré la Saint-Valentin. « De mon existence, je n’ai jamais célébré cette fête. Pour moi l’amour se fête tous les jours. Alors être là, à courir de gauche à droite à la recherche d’un cadeau, c’est de l’hypocrisie », nous dit Aliou Ndong, vendeur de bijoux à Sandaga.

Qu’il s’agisse de crise financière ou d’une question de principe, au fil des années, la fête de la Saint-Valentin semble perdre son enthousiasme d’antan.

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