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L’affaire Mennel Ibtissem, la voix musulmane qui déchire la France

Depuis l’annonce de son retrait de l’émission de télé «The Voice» qu’elle avait dominée, le 2 février, par son interprétation de «Hallelujah», l’une des chansons-cultes du barde Leonard Cohen, décédé en novembre 2016, la jeune femme originaire de Besançon et musulmane est devenue emblématique de tous les dérapages médiatiques.

Mennel Ibtissem est fille de son temps. Elle a beau dire qu’elle aime la France, son pays. Elle a beau regretter des propos irréfléchis. Cela ne suffira jamais. Car on ne veut plus la voir.

Face aux critiques ascerbes des médias français, la jeune femme Mennel Ibtissem, a choisi de se taire. Elle qui croyait, sur le plateau de The Voice, aux vertus de l’ascenseur social télévisuel s’est retrouvée happée par l’engrenage médiatique. Ironie du sort hier, Emmanuel Macron promettait dans Le Journal du Dimanche de «structurer et d’expliquer» l’islam de France, annonçant une réforme en ce sens en 2018.

« Je pense que le risque, dans toute cette affaire, est de brandir des objets connotés, qui ont leur propre histoire, ou de faire des raccourcis en plongeant tout le monde dans un même sac», poursuit dans le JDD le chef de l’Etat français. L’affaire Mennel ressemble fort à ces «raccourcis»…

L’histoire est tristement, tragiquement simple. Au lendemain de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, Mennel Ibtissem, alors âgée de 22 ans – amatrice de prêches de Tariq Ramadan – se fend de «posts» stupides et complotistes sur Facebook, laissant entendre que la version officielle du gouvernement français sur le terroriste tué sur la promenade des Anglais, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, n’est peut-être pas la bonne. «C’est devenu une routine. Un attentat par semaine. Et toujours pour rester fidèle, le terroriste prend avec lui ses papiers d’identité. C’est vrai que quand on prépare un sale coup, on n’oublie surtout pas de prendre ses papiers», rugit la jeune femme. Une attitude à des années-lumière du visage d’ange qu’elle présente, le 2 février, les cheveux cachés par un turban coquet, lorsqu’elle entonne les paroles de paix et d’amour de Leonard Cohen devant les juges de The Voice: les artistes Zazie, Florent Pagny et Mika…

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Khadim FALL

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