La santé et l’éducation demeurent les deux secteurs qui risquent de payer un lourd tribut ces jours à venir l’annonce des mouvements d’humeur annoncé par les syndicats de ces deux secteurs clés. En politique, l’opposition annonce une marche le 9 février prochain.
Le front social est en ébullition avec les appels au débrayage, à la grève totale ou à la marche de protestation pour dénoncer le mutisme du gouvernement et la lenteur notée dans la matérialisation des accords signés avec l’Etat. Un remous du front social qui n’épargne pas le secteur de la santé avec l’appel à la marche du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) en jonction avec le Cadre unitaire des enseignants du moyen-secondaire (Cusems) qui ont décidé d’unir leurs forces pour pousser l’État à respecter les engagements pris.
Toujours sur le plan éducatif ; le Saems a annoncé qu’il va observer à compter de ce mardi 16 janvier 2018, un débrayage à partir de 9 h, suivi d’une assemblée générale dans tous les établissements du moyen secondaire. Un débrayage qui sera suivi d’une grève totale décrétée ce mercredi 17 janvier 2018.
Selon le journal Enquête, qui rapporte la déclaration du Saems « à travers ce plan d’action, le Bureau exécutif national du Saems s’insurge contre le mutisme total du gouvernement et son manque de réaction durant le délai légal du préavis couvrant la période du 11 décembre 2017 au 11 janvier 2018. Il fustige les multiples manquements notés dans le secteur de l’éducation depuis le début de l’année scolaire 2017-2018. Ce qui augure, selon ces syndicalistes, de façon irréversible, des lendemains sombres pour le système éducatif, encore que, comme d’habitude, le gouvernement du Sénégal continue de renvoyer aux calendes grecques la matérialisation les accords signés avec les syndicats d’enseignants ».
Dans le secteur de la santé, c’est le Sames qui va investir les artères de la capitale, Dakar. En conférence de presse ce samedi, le Sames en jonction avec le Cusems qui évolue dans le secteur de l’éducation, ont pris l’engagement de paralyser les systèmes éducatif et sanitaire si le gouvernement ne respecte pas les accords qu’il a paraphés avec eux.
A en croire Dr Boly Diop, secrétaire général du Sames, depuis 2014 « le gouvernement du Président Macky Sall est incapable de respecter le protocole d’accord signé entre nos deux parties. Et c’est l’occasion aussi d’annoncer que le Cusems et le Sames ont décidé de mettre en place un front national des travailleurs pour l’équité et la justice sociale ».
Le sachant de déclarer, « par rapport au dépôt de notre préavis de grève, dans cette alliance, le Sames compte dérouler un plan d’action laquelle, dans sa première phase, comporte 5 activités et ça c’est en interne. Dans notre secteur d’activité, c’est le boycott de toutes les activités financées par les partenaires autour du G50 »
Dr Diop d’ajouter que, « la deuxième action, ajoute-t-il, c’est notre participation à la marche nationale du 23 janvier 2018. Après cela, notre préavis a été déposé le 27 décembre, un mois après, s’il n’y a pas d’évolution, le Sames va décréter 72h de grève sur l’étendue du territoire à partir du 30 janvier »
A sa suite, le Secrétaire général du Cusems, Abdoulaye Ndoye a indiqué que « la santé et l’éducation sont des secteurs-clés et sensibles pour un pays. Mais ce sont les secteurs qui souffrent le plus. Les gens sont démotivés, démoralisés, les conditions de travail sont désastreuses. Le Sames et le Cusems unis, nous allons mener le combat ».
Dans ce combat, le grand cadre n’est en reste dans la bataille engagée par les syndicats d’enseignants contre le gouvernement.
Le grand cadre n’est pas en reste dans la bataille engagée par les syndicats d’enseignants. Le syndicat dirigé par Oumar Wally Zoumaro, en conférence de presse, a décidé d’observer dans un premier temps un débrayage ce mardi 16 janvier prochain à 10 h, suivi d’une assemblée générale dans tous les établissements du Sénégal et une grève totale, le lendemain, du préscolaire au secondaire.
Le grand cadre dénonce ce qu’elle considère comme une attitude de défiance du gouvernement. Et, face à tous ces manquements, les camarades de Zoumaro ont décliné leur plan d’action d’avertissement.
Le grand cadre exige du gouvernement le respect des engagements pris devant les enseignants, les médiateurs et les Khalifes généraux. « Trop, c’est trop. Ce n’est pas une surenchère », opine Oumar Wally Zoumarou, qui souligne que les salaires des enseignants ont été ponctionnés. « C’est scandaleux de travailler et de se retrouver avec le tiers », ajoute-t-il. Avant d’exiger, « sans délai, la remise de toutes les sommes ponctionnées sur les salaires », fulmine-t-il.
Entre autres points soulevés, le grand cadre exige, « le paiement de toutes les indemnités liées aux examens et la prise en charge correcte des préoccupations des enseignants sont aussi consignés dans le préavis de grève déposé le 24 novembre 2017 ».
L’opposition dans la rue ce 9 février 2018
Autre point qui va cristalliser toute l’attention des sénégalais, c’est la marche annoncée de l’opposition sénégalaise, annoncée le 9 février prochain.
Les camarades de Malick Gackou comptent descendre dans la rue pour exiger des élections libres et transparences en 2019, pour les présidentielles. En effet, l’opposition considère que les législatives de décembre dernier étaient tout sauf des élections. Un scrutin remporté par le parti au pouvoir avec sa coalition Benno Bokk Yakaar qui a remporté la majorité des sièges à l’Assemblé nationale.

