De Alioune Badara SALL, Rufisque
Venu au monde le 7 juin 1968,Serigne Khalifa Ababacar Wade est natif de Rufisque. Ce lébou bon teint est né au quartier de Diokoul Kher où il a commencé ses humanités à l’école Kher. Après l’école primaire, Monsieur Wade, comme l’appellent ses élèves, a continué ses études au CEM des Pionniers du syndicalisme appelé à l’époque Camp Xavier Lelong. Après avoir obtenu son brevet de fin d’études moyennes, il est orienté au lycée Abdoulaye Sadji où il décroche son Bac en 1989. Cet amoureux ce la littérature ne s’est pas arrêté là. Il sera orienté au département de lettres modernes de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Quatre ans après, le certificat de maitrise en poche, il réussit au concours d’entrée à l’école normale supérieure, actuelle FASTEF. Un an après, le certificat d’aptitude à l’enseignement moyen (CAEM), à défaut d’avoir la maitrise complète, lui permettra d’embrasser le métier de l’enseignement comme professeur de français en 1994 au lycée Thierno Mamadou Sall de Fatick. Deux ans après, en 1996, il sera affecté au lycée de Thiadiaye où il servira jusqu’en 2006, année à laquelle il a commencé à enseigner au lycée de Mbao. Amoureux des études, entre temps, il est retourné à la FASTEF pour compléter la maitrise pour devenir PES (Professeur d’Enseignement Secondaire) et soutenir son mémoire de DEA et a rédigé sa thèse de doctorat. Serigne Khalifa Ababacar Wade est aujourd’hui docteur ès-lettres avec une spécialité en littérature orale africaine. C’est en 2015 que M. Wade est titulaire d’une thèse de doctorat en littérature africaine avec comme directeur de thèse feu Bassirou Dieng.

Marié, monogame et père de sept enfants, 23 ans dans le métier d’enseignant, Khalifa Ababacar Wade a pris goût à l’enseignement pour avoir grandi dans un environnement propice aux études. « L’enseignement est une passion. C’est inné en moi parce que je suis né dans une famille d’enseignants pas au sens classique du terme mais des enseignants coraniques. Notre maison familiale est une grande concession avec une grande cour ouverte. Cest là bas que les frères de mon père tenaient des daaras et donnaient des cours à des adultes, des enfants. C’est ce qui m’a fait aimer l’enseignement. Aussi quand j’étais enfant et brillant élève, il m’arrivait d’encadrer des élèves à la maison gratuitement. L’enseignement est un sacerdoce pour moi », nous confie M. Wade. Il pooursuit pour nous dire que l’enseignement est une mission que l’on se donne dans la vie et si on a la passion, on ne sent pas le secrifice ou la difficulté. « Il n’y-a rien de plus passionnant, de plus anthousiasmant que de voir qu’on a tiré quelqu’un de l’obscurité. Que grâce à soi, on est parvenu à rendre quelqu’un capable de faire ce qu’il n’était pas capable de faire. Amener quelqu’un à savoir ce qu’il ne savait pas », renchérit-il. L’enseignement est un sacerdoce pour ce natif de Rufisque qui a été prévenu dès le début par son oncle que l’enseignement est un métier qui ne lui permettrait pas de devenir riche. Bon an mal an, il s’est engagé dans l’enseignement avec amour, un amour indéfectible, telle une flamme qui se ravive jour après jour. Il rétorqua à son oncle que ce qu’il aime le plus dans l’enseignement c’est sa liberté et le contact permanent avec les élèves et le savoir.

En fervent défenseur de l’éducation, Monsieur Wade ne s’est pas géné à fustiger le niveau bas des élèves et de certains enseignants. « Cela est du aux injonctions des bailleurs de fonds. L’accès a été massifié dans l’enseignement. Il y avait beaucoup de gens qui sont arrivés dans l’enseignements alors qu’ils n’étaient pas destinés à ce métier . Des milliers de personnes ont été intégrées dans le corps sans aucune formation. A notre époque, pour intégrer l’enseignement, il fallait d’abord avoir un diplôme, ensuite faire le concours d’entrée qui était très selectif. C’est après qu’on a entendu parler des ailes de dinde, des mozards, des personnes qui venaient d’autres corps sans formatrion. Dans d’autres pays, c’est un métier d’élite ». Il ajoute que les frustrations sont nombreuses, ce qui est un facteur de perturbation du système éducatif sénégalais. Pour lui, les syndicats doivent trouver d’autres mùoyens de lutte. Il ne sert à rien, selon lui, de paralyser le système sans obtenir gain de cause.
Par rapport à sa nommination au grand prix du chef de l’Etat pour l’enseignant dont la cérémonie est prévue ce 28 décembre, Serigne Khalifa Ababacar Wade dit l’accueillir avec humilité. « Pour moi, c’est un privilège qui m’a été fait, un honneur et à travers ma personne à toute la communauté éducative du lycée de Mbao et du Sénégal ». Pour lui, ce grand prix est une manière de réarmer l’enseignant et pourra créer une atmosphère d’émulation au sein de l’école. Chaque enseignant voudra faire plus. Toutefois, il suggère qu’au niveau de chaque région que des prix de ce genre soient institués pour que chaque académie puisse encourager les enseignants.
Serigne Khalifa Ababacar Wade n’a pas manqué de lancer des messages, d’abord aux élèves à qui il demande de beaucoup lire. « La langeue de travail du Sénégal, c’est le français. C’est une langue qui est massacrée aujourd’hui , même les ministres sont dans le massacre », martèle-t-il. Il ajoute que les élèves doivent se libérer des smartphones, facebook et autres réseaux sociaux. « Cela ne sert à rien », fait-il savoir.
Au niveau du lycée de Mbao, les autres professeurs ont fait des témoignages sur leur collègue Wade.

Pour Abdoulaye Alioune Sy, professeur de Sciences Physiques, Monsieur Wade a beaucoup de mérite. « C’est un professeur courtois,qui se consacre à ses élèves, un prof de français expérimenté.C’est une nomination que nous accueillons avec beaucoup de satisfaction », témoigne M. sy. Pour lui, « Wade répond parfaitement aux critères définis par le ministre de l’éducation que sont des qualités humaines et professionnelles, un exemple à suivre par la jeune génération et les enseignants qui ont meme duré dans le système ».

Embouchant la même trompette, monsieur Mbaye Diouf, professeur au dit lycée, dira toute sa satisfaction à la nomination de son collègue. « Monsieur Wade a d’excellents rapports avec les gens, il aime communiquer, il aime échanger. Ici au lycée, on l’apprécie beaucoup. C’est quelqu’un qui aime ce métier qu’il est en train de faire ». Pour lui, M.Wade a toutes les qualités pour être le lauréat du grand prix du chef de l’Etat pour l’Enseignant.
Pour rappel, la cérémonie du grand prix du chef de l’Etat pour l’Enseignant est prévue ce jeudi 28 décembre 2017 au grand théâtre national de Dakar. Il verra le sacre d’un enseignant craie en main dont les qualités humaines et professionnelles méritent d’être connues de tous.

