A Tambacounda, les forces de défense et de sécurité aussi bien les populations ont été mobilisées pour un exercice de simulation, d’une opération d’accueil de réfugiés fuyant des attaques terroristes dans un pays voisin. L’exercice, est une initiative de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ce mercredi 13 décembre à Kidira, dans l’Est de la commune.
L’exercice entre dans le cadre de la deuxième phase d’un projet dénommé ‘’Engagement des communautés frontalières dans la gestion et la sécurisation des frontières au Sénégal’’. Il est financé par le gouvernement des Etats-Unis et mis en œuvre par l’OIM. Au total quelque 500 personnes, dont 150 rescapés de l’attaque parmi lesquels des blessés et 200 membres des communautés locales.
La deuxième phase de ce projet s’étalera de mai 2017 à mai 2019. La première ayant eu lieu en 2016 avec deux simulations à Matam et Saint-Louis (Nord), débouchant sur un plan d’urgence de gestion de crise frontalière. Celui-ci devrait aussi être testé à Kidira à la lumière des expériences passées.
Selon le scénario de cet exercice, un groupe de personnes traverse la frontière pour entrer à Kidira, pour échapper à des attaques terroristes. Sur place, un dispositif regroupant toutes les forces de défense et de sécurité sous un commandement unique, s’affaire pour gérer la crise.
Les sapeurs-pompiers, la Croix-Rouge, la gendarmerie, l’armée sont mobilisées autour du préfet de Bakel. Les blessés envoyés à l’hôpital regroupés dans un site d’accueil, les autres réfugiés regroupés dans un site d’accueil où ils ont reçu les premiers kits alimentaires.
En tant que premier magistrat de la ville, le maire de la commune a servi d’interface, entre les forces de sécurité et les populations. A travers une radio communautaire de la place, le maire a demandé aux populations de rester chez elles, le temps que la sécurité soit ramenée dans la ville.
Le chargé de projet à l’OIM, Aboubacry Wellé, a salué la coordination et la dynamique unitaire qui ont prévalu entre les différentes forces mises à contribution. « L’idée était de montrer la collaboration qui doit être de mise entre communautés locales et forces de sécurité pour gérer des crises de grande envergure » a-t-il expliqué.
Le maire de la commune, Demba Thiam, a indiqué que la population a appris la conduite à adopter au cas où une telle éventualité se produirait dans sa commune.
Mamadou Mbaye, le préfet de Bakel, qui a supervisé l’opération, a souligné l’importance de cet exercice. « Etant donné la situation d’insécurité grandissante qui prévaut dans la sous-région, cette simulation était une occasion de tester la capacité opérationnelle des forces de sécurité, avec comme plus grand défi, d’impliquer les communautés ».
Il n’a pas manqué de saluer la ‘’bonne réactivité’’ des forces engagées, même s’il précise que des correctifs seront apportés à l’issue d’un bilan qui sera tiré à l’interne entre les différentes parties prenantes.

