Au Cameroun anglophone, la violence semble être la seule manière de se faire entendre. Sept personnes dont un gendarme camerounais ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi à Manfee dans le sud-ouest anglophone du Cameroun. C’est au cours d’une attaque attribuée à des séparatistes présumés contre des services de la gendarmerie de cette ville.
Depuis fin 2016, le sud-ouest et le nord-ouest du Cameroun sont l’épicentre d’une grave crise socio-économique et politique.
La minorité anglophone, qui représente environ 20% des 22 millions de Camerounais et deux régions sur dix, proteste contre ce qu’elle appelle sa « marginalisation » dans la société.
Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme, tandis qu’une minorité réclame la partition du Cameroun, deux scénarios dont Yaoundé ne veut pas entendre parler.
La crise provoquée par cette contestation, exacerbée début 2017 avec une coupure d’internet de trois mois, s’est amplifiée ces dernières semaines.
Il y a deux mois, six personnes perdaient la vie dans cette même région lors de manifestations revendiquant l’indépendance de ces régions anglophones.
Pour rappel, le 1er octobre 2017, plusieurs mouvements sécessionnistes avaient annoncé la proclamation symbolique de l’indépendance des zones anglophones en commémoration du 1er octobre 1961, qui avait vu la proclamation de l’unification des deux Cameroun anciennement sous colonisation anglaise et française.

