Etonnement!! Situé en plein milieu urbain dans un quartier aisé, l’existence de Al baraka dans cette zone en surprend plus d’un. Niché entre Mermoz et Liberte6 extension à Dakar, cet endroit qui à première vue fait penser à un marché s’avère être en réalité l’abri de plusieurs familles démunies.
Des égouts à ciel ouvert, des eaux usées, gisant à l’entrée, c’est ce décor qu’offre ce quartier. Entre les odeurs nauséabondes et celles âcres, que dégagent la fumée du bois servant à la cuisson, la présence d’animaux empêchant la circulation, le désordre et les bruits causés par l’étroitesse de ces lieux, presque invisibles font de Al baraka, un endroit atypique. On en arriverait à se demander comment un tel endroit peut servir de lieu d’habitation.
Ndoumbé Ndiaye la quarantaine affirme : « Nous encourons énormément de dangers dans cette contrée. Nos enfants qui jouent pieds nus sont exposés à toutes sortes de maladies. A Al baraka, personne n’attend l’hivernage avec impatience. Il vient avec son lot de soucis. Le paludisme, la tuberculose, sans oublier l’inondation sont au cœur de nos préoccupations. »
Barack, comme l’appellent quelques rares personnes qui le connaissent est le refuge de nombreuses familles de nationalités différentes, dont la plupart parle pulaar. Adama BA la trentaine, mère de quatre enfants, trouvée en pleine conversation avec ses voisines témoigne : « Cela fait plus de vingt ans que je vis ici, avec mon mari et mes quatre enfants dans une chambre. Dépourvue de cuisine, je me débrouille avec le peu d’espace que j’ai.» Cet environnement souffre de milles maux ajoute-t-elle, le sourire triste : « Notre principal souci est l’eau que nous achetons au robinet public. Certaines familles, s’entassant dans une pièce mal illuminée, à cause du manque d’électricité, s’éclaire en permanence en bougie. »
Non loin de Adama, Aissatou qui a suivi notre interview décide de témoigner : « La vie à al baraka n’est pas comme celle des personnes qui nous entourent. Nous sommes livrés à nous même. Lorsque nos voisins de ces maisons chics cuisinent de bons petits plats comme des poulets, nous mangeons nos bouillies en sentant l’odeur nous titiller les narines, dit-elle avec un sourire qui cache une légère amertume. »
Pourtant, ce modeste quartier, à la survie presque impossible a cependant une chose qu’il n’envie pas aux autres, un chef de quartier. Ce dernier, répondant au nom d’Abdou Seye, sans trop de protocoles, nous fait part des détails de leur quotidien : « En dépit des problèmes qui nous encombrent, les querelles ne se font pas rares.» En tant que chef de quartier qui porte la voix des autres, Abdou Seye nous livre leur principal souhait : « Nous voulons que l’Etat lotisse le quartier pour que nous en devenions propriétaire. » Mme Oven décrite selon lui comme leur bienfaitrice a mis sur pied une école au sein du quartier, une canalisation, et des bancs publics, afin d’améliorer leur existence.
- Malgré les difficultés de la vie auxquelles ils sont confrontés au quotidien, les habitants d’Al Baraka arrivent encore à dessiner un sourire sur leurs lèvres.

