Il y’a quatre ans, l’Assemblée Générale de l’ONU a fait de cette date, la journée internationale de la fistule obstétricale. Compte tenu des conséquences qu’elle a sur les femmes atteintes de cette lésion, ce 23 mai a été adopté par le monde, afin de les sensibiliser, mais aussi et surtout d’intensifier considérablement les mesures visant à éradiquer ce mal.
La fistule obstétricale est une lésion grave et dangereuse susceptible de survenir lors d’un accouchement. C’est en fait une brèche de la filière pelvi-génitale, c’est-à-dire, l’ensemble des structures anatomiques que traverse le fœtus lors de l’accouchement. L’apparition de cette maladie est directement liée à l’une des principales causes de mortalité maternelle : un travail difficile lors de l’accouchement ou l’absence de soins obstétricaux adéquats.
Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d’une incontinence permanente. Ce qui fait que la plupart, en ressentent de la honte. Non sans compter le regard discriminatoire que leur porte la société. A long terme, cette affection évitable entraîne également des problèmes médicaux chroniques, tels que des infections cutanées, des troubles rénaux, voire le décès en l’absence de traitement.
Faute de moyens, de nombreuses femmes atteintes d’une fistule obstétricale vivent souvent, pendant des années, dans cet état. Incapable de contrôler l’écoulement de l’urine, elles se retrouvent souvent abandonnées par leur époux, voire par leur propre famille, ou bannies de leur communauté. Ce qui fait, qu’elles sont sujettes à la dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté.
D’après l’organisation mondiale de la santé, OMS, chaque année, à travers le monde, 50 000 à 100 000 femmes présentent une fistule obstétricale.
Pour éradiquer ce fléau, trois solutions s’offrent aux femmes :
-de repousser l’âge de la première grossesse
-de mettre fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables, et
-de permettre aux femmes d’avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux.
Le fait que la fistule obstétricale tarde à disparaître témoigne des carences des systèmes de santé face aux besoins essentiels des femmes. Cette affection est l’un des exemples les plus révélateurs de leur inégalité d’accès aux soins de santé sexuelle, maternelle et reproductive.

