Concernant les causes des « multiples » violences qui gangrènent l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le leader de Pastef / Les Patriotes, Ousmane Sonko, impute la première responsabilité aux conditions d’études et d’existence que l’opposant juge « inhumaines dans les amphithéâtres et les campus. « Qui sont « tellement bondés qu’il faut faire des coudes pour assister aux cours, se battre pour se loger (jusqu’à 10 étudiants par chambre), ou suivre une longue queue pour se restaurer », déplore-t-il.
Ensuite, énumère l’ex-candidat classé 3e à la présidentielle du 24 février 2019, « la deuxième violence c’est le retard apporté au paiement de leurs bourses d’études, pourtant vitale pour l’écrasante majorité d’entre eux, souvent issus de milieux assez modestes. »
« La troisième violence, ce sont les brimades disproportionnées, subies à chaque fois qu’il veulent manifester contre ces traitements déshonorants infligés par leurs propres gouvernants, avec leur lot de blessés, d’arrestations et, quelques fois, de morts d’étudiants jamais élucidés. »
Mais, « les quatrième et cinquième violences sont les plus insidieuses puisque d’ordre psychologique », ajoute-il, soulignant : « l’étudiant sénégalais est moralement torturé par l’absence d’horizon, toujours tenaillé par le doute, voire le scepticisme d’un présent difficile et d’un lendemain sans aucune perspective sérieuse de trouver un travail ; l’étudiant sénégalais est toujours sous le choc causé par le regard et le cliché que dresse de lui les seuls responsables de sa condition, c’est à dire les pouvoirs publics. Les étudiants s’entendent toujours traiter de voyous, de délinquants, de jeunes ratés et maintenant, de terroristes par le gouvernement et ses démembrements. »
NON À LA FERMETURE DU CAMPUS SOCIAL
« Oui à la régulation et à la réglementation des universités qui doivent absolument demeurer des espaces de savoir, de paix et de quiétude, mais je dis non à la fermeture du campus social qui compromettrait davantage la situation et les chances d’une jeunesse déjà trop abandonnée et sacrifiée, alors que l’année universitaire vient à peine de démarrer. Comment imaginer un étudiant, sans ressources et avec un système de transport public insuffisant, quitter tous les jours Pikine, Keur Massar, Diamniadio, Thiès, Mbour ou beaucoup plus loin, pour venir faire ses cours à Fann ? Pendant ce temps, les gouvernements continuent de vendanger les intérêts nationaux aux étrangers, d’entretenir un système d’escroquerie sur les deniers et biens publics, de dilapider l’argent public dans des rassemblements politiques farfelus et de mentir à cette jeunesse par des promesses chimériques d’emplois », a-t-il tranché.

