De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews Ziguinchor
Dans le dossier relatif à l’affaire dite « Boffa-Bayote », allusion faite au massacre d’une quinzaine d’exploitants forestiers dans la forêt classée du Bayote-Est, dans la commune de Nyassia, département de Ziguinchor, le 6 janvier 2018, l’avocat Me Ciré Clédor Ly, en charge des dossiers d’une partie des prévenus, a déclaré ce lundi 15 mars 2021 à Ziguinchor, qu’il avait introduit auprès de la Cour suprême « un recours après le rejet par la chambre d’accusation de notre demande de liberté provisoire » et que ce « recours a été rejeté » par cette haute juridiction.
En effet, à en croire Me Ly, « j’avais déposé une demande de liberté provisoire accompagnée d’une autre demande dans laquelle je demandais simplement au juge de leur (ses clients, Ndlr) permettre d’apporter la contre-preuve des accusations qui sont portées contre eux et d’établir leur innocence parce que tout le monde sait que c’est un dossier politique et l’on ne cherche pas à établir des preuves ce sont de simples accusations et il est important que le juge, au moins pour un procès loyal et équitable, puisse leur permettre des moyens, des alibis par rapport à ces événements ».
Pour lui, « la chambre d’accusation a rejeté les deux demandes au motif que les faits sont graves et que l’ordre public continue à être perturbé et qu’ils pourraient corrompre des témoins concernant celle tendant à la mise en liberté provisoire, la chambre d’accusation a refusé aux inculpés de rapporter la preuve que le jour de la réunion supposée de préparation, ils n’étaient pas là ; certains étaient à Dakar, d’autres étaient même hors du Sénégal et que par ailleurs ils n’avaient rien à voir avec tout ce qui s’est passé au niveau de la forêt de Boffa-Bayote ».
A l’en croire, « après le rejet nous avons saisi la cour suprême qui, à cause de la Covid-19, nous n’avons pas été convoqués à une audience ou, en tout état de cause nous n’avons pas reçu de convocation et la cour suprême, conformément à ses règles, a pu rendre une décision de rejet de notre recours relativement à notre demande de mise en liberté. Par contre concernant l’autre requête relative à la demande d’audition de témoins, d’expertise pour établir que les faits rapportés par les gendarmes enquêteurs étaient des faits mensongers et qu’ils n’étaient pas établis, la cour suprême n’a pas encore répondu à ces moyens ».
Pour le moment, la région naturelle de Casamance attend avec impatience l’issue de ce massacre qui avait ému le Sénégal entier et qui avait fait 14 morts et 7 blessés, le 6 janvier 2018, dans la forêt de Boffa-Bayottes, en Casamance.
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