De Ibrahima Diamé correspondant de Teranganews à Kaolack-Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis et Chérif Touré à Tivaouane
Des affrontements violents entre forces de l’ordre et manifestants ont éclaté à Dakar et dans plusieurs régions du Sénégal. Des heurts qui ont engendré des scènes de pillages et le saccages de groupes de presse mais aussi des pertes en vies humaines. Des affrontements qui ont démarré avec l’arrestation du principal opposant à Macky Sall, le député Ousmane Sonko.
L’arrestation de l’opposant politique Ousmane Sonko mercredi 3 mars 2021, pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation interdite, ce vendredi le doyen des juges lui a notifié une autre à savoir l’appel à l’insurrection. Une arrestation qui a déclenché des émeutes à Dakar et dans plusieurs autres régions du pays dont Ziguinchor région d’origine du leader de Pastef-Les Patriotes, à Kaolack, Saint-Louis, Sédhiou, Thiès, Diourbel entre autres.
La police et la gendarmerie s’en sont pris aux manifestant, tirant avec du gaz lacrymogène, mais aussi à balles réelles sur la foule. Le bilan est très lourd : au moins six personnes ont été tuées plusieurs blessés dans les heurts au cours des trois derniers jours entre Bignona dans le Sud, Yeumbeul, Parcelles Assainies, Keur Massar, et le dernier, signalé au Centenaire, près de la Section de Recherches où est placé en garde à vue Ousmane Sonko, ce vendredi.
Plusieurs grandes artères de la capitale sont devenues des champs de bataille entre les manifestants en majorité des jeunes ont brûlé des pneus pour bloquer les routes pour piller des magasins et des voitures.
Ousmane Sonko, 57 ans, député depuis 2017 et très populaire auprès de la jeunesse, a été arrêté le mercredi 3 mars 2021. Selon la gendarmerie venue l’arrêter alors qu’il rendait au tribunal répondre à la convocation du juge d’instruction suite à une plainte d’une jeune dame qui l’accuse de viols multiples et de menace de mort.
Les manifestations ont gagné Tivaouane, ce vendredi
Les manifestations violentes notées un peu partout au Sénégal n’épargnent pas Tivaouane. Les populations sont sorties massivement ce matin vers les coups de 10h pour réclamer la libération du leader de Pastef Ousmane Sonko.
La première cible de la foule en colère a été le magasin Auchan et la station Total de la gare routière. Si le magasin de l’enseigne française a été jusque-là préservé grâce à la détermination des forces de l’ordre, la station Total a par contre été saccagée de même que sa boutique. Même décor au carrefour de Tivaouane où les jeunes manifestants s’en sont pris à la deuxième station.
La station Total qui a été complètement détruite et la boutique dévalisée. Chacun a emporté ce qu’il pouvait.
Les policiers en effectif très réduit comparés aux nombreux jeunes manifestants déterminés ont dû battre en retraite pour échapper à la furie populaire.
Le siège du parti de l’APR sis au quartier Ndoutt et le tribunal ont été aussi attaqués par les manifestants qui promettent de revenir pour saccager le magasin Auchan.
A Kaolack, c’est le même scénario, des manifestants
Le constat est que ce sont des mineurs pour l’essentiel qui participent à ces manifestations. En l’absence de la police, les jeunes manifestants ont brûlé des pneus sur le boulevard qui mène vers Médina Baye. Il a fallu des heures pour que la police intervienne et disperse la foule. Des enfants qui courraient à travers les rues de Médina Baye, une course poursuite avec les éléments de la police qui ont mis la mains sur beaucoup d’éléments. C’est vers l’heure de la prière du vendredi que la situation est revenue au calme. Les pompiers escortés par les éléments de la police ont éteint les feu allumés ça et là. Ici les manifestants ne sont pas attaqués aux biens d’autrui, en dehors des dehors des cantines de fortune dont les morceaux de bois ont été retirés pour être allumés sur la route.
Kaolack est entré dans la danse des manifestions hier qui se généralisent dans le pays. En effet, c’est un groupe de Jeunes qui se sont levés spontanément pour semer le désordre dans certains quartiers de la Commune de Kaolack où le feu était visible partout. De Boustane à Sarah Ndiougary en passant par Occass jusqu’à Kassavile les flammes étaient remarquables partout dans les artères de la Commune. Il a fallu l’intervention de la police quelques minutes après arrêter la furie des Jeunes. Elle a usé de bombes lacrymogènes pour disperser cette jeunesse en furie composée pour l’essentiel de mineurs. Du marché Occass, les Jeunes se sont dirigés vers le Rond point du Lycée Technique El Hadji Abdoulaye Niasse les manifestants d’une seule se sont ébranlés scandant « Libérer Sonko ». C’était là le théâtre des opérations où les échanges de pierres et de bombes lacrymogènes ont été beaucoup plus intenses. Deux Jeunes ont été interpellés nuitamment et embarqués dans le pick-up de la Police, avant d’être conduits Manu- militari au commissariat central. Ce matin, le des individus ont tenté une manifestation devant la préfecture, mais c’est sans compter avec la détermination de la police qui est intervenu d’urgence pour mettre la main sur deux manifestants conduits eux aussi au Commissariat. Ils sont sur le point d’être déférés au parquet selon nos sources.
A Saint-Louis, le commissariat de police de Pikine et le siège de l’APR saccagés
La ville de Saint Louis n’a pas échappé à la vague de violentes manifestations après l’arrestation du leader de Pastef, Ousmane Sonko. Depuis 72 heures, de jour comme de nuit ce sont des scènes de guérillas urbaines qui rythment la vie des populations de la vieille cité. Des groupes de jeunes descendent spontanément dans les rues en brûlant des pneus et répondant par des jets de pierre aux tirs de lacrymogènes des forces de l’ordre. Le ton des manifestations a été donné par les étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, qui deux 02 jours ont paralysé la circulation sur la RN2 pendant des heures. Mais à chaque manifestation, les forces de l’ordre ont fortement usé de tirs de gaz lacrymogène pour faire replier les étudiants et sympathisants du leader de Pastef. D’ailleurs la témérité des étudiants à en découdre avec les gendarmes, a toujours obligé ces derniers à les poursuivre jusqu’à l’intérieur du campus.
Des édifices publics caillassés et les élèves délogés
Mais cette escalade de violence a connu une autre dimension dans la nuit d’hier. Puisque les manifestants ont envahi le populeux quartier de Pikine en incendiant à différents points stratégiques des pneus, des bacs d’ordures et des tables de vendeurs de fruits. Même les locaux du nouveau commissariat de police non encore inauguré n’a pas échappé la furie des contestataires. Toutes les vitres et la devanture des lieux ont été sabotées. C’est la même situation de vandalisme qui a été noté au chantier de l’esplanade de Saint Louis. Les jeunes manifestants n’ont laissé aucune chance à la clôture nouvellement installée et les tôles ont été emportées par les pillards. Malgré l’intervention musclée des forces de l’ordre qui ont usé jusque tard dans la nuit de tirs lacrymogènes pour disperser les manifestants. Des vagues de manifestations qui ont vu ce Vendredi matin le ralliement des élèves de la capitale du Nord. Ils ont été délogés depuis l’île par d’autres manifestants. D’ailleurs avant que la marche n’atteigne le faubourg de Sor, certains chefs d’établissements ont pris la responsabilité d’arrêter les cours à 11 heures pour éviter à leurs petits élèves de difficiles situations. Pourtant ces dispositions n’ont pas empêché les manifestants de saccager le siège régional de l’Apr sis au quartier de Ndioloféne à quelques encablures de la brigade de gendarmerie et du commissariat central de Police. Il a fallu l’intervention des policiers postés à Pikine XTall pour sauver ce qui reste encore des lieux. faut signaler que depuis le début des confrontations aucune boutique ou autre local de commerce n’est attaqué par les jeunes. Mais les contestations s’approchent de plus en plus l’avenue Général Degaulle lieu des grands magasins et du grand marché de Sor. Une véritable menace pour les commerçants de la ville qui redoutent de vilaines scènes déjà celles déjà constatées à Dakar et ailleurs. Cependant il faut également noter que quelques arrestations et des blessés ont été enregistrés durant les manifestations et que la tension reste toujours électrique dans la vieille ville de Ndar.

