De Amédine FAYE, correspondant de Teranganews à Tambacounda
Les faits se sont déroulés le dimanche 09 août. Ce jour-là, le commandant du poste de gendarmerie d’Aroundou et ses hommes ont fait irruption sur le terrain municipal de la commune de Ballou(Bakel, Tambacounda) pour interrompre un match de football, en application de la mesure d’interdiction de rassemblements sur les terrains de sport prise par le pouvoir central dans la lutte contre la propagation du coronavirus 2 . Après quoi deux jeunes ayant participé à l’activité sportive ont été interpellés et conduits au poste de la maréchaussée de la localité d’Aroundou, distante de 3km de Ballou.
Les camarades des deux jeunes n’ont guère apprécié cette interpellation qu’ils jugent « arbitraire ». Coléreux, ils se sont pointés devant les locaux du poste de gendarmerie d’Aroundou pour réclamer la libération des leurs. Des gendarmes en sous-nombre devant « une foule immense » constituée de jeunes surexcités au cri de « libérez nos frères ! ». S’en sont suivis des jets de pierres par les jeunes manifestants qui n’ont pas pu s’introduire dans les locaux de la gendarmerie devant lesquels ils ont allumé du feu. Deux gendarmes sont blessés par les projectiles lancés par les protestants. L’un est blessé au tibia avec une ITT (incapacité temporaire de travail) de 3 jours, l’autre au visage avec une ITT de 7 jours.
Dans cette affaire, 19 jeunes sont ainsi interpellés et poursuivis pour deux infractions : rassemblement illicite ayant occasionné des dommages à la propriété et violence, voie de fait ayant entrainé des blessures avec des ITT de 3 et 7 jours.
A leur jugement ce mercredi 19 août 2020, les 19 prévenus, dont des étudiants, des élèves, des chauffeurs, des vendeurs, ont pour la plupart nié avoir participé à la manifestation devant le poste de la gendarmerie d’Aroundou.
Le procureur représentant le ministère public a reconnu tous les 19 prévenus, dont la moyenne d’âge est de 36 ans. Le tribunal les a reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés et a requis 1 an d’emprisonnement dont 3 mois ferme.
Le conseil des prévenus Me Ibrahima Diagne a, pour sa part, demandé la relaxe des 16 incriminés, et une « peine symbolique » pour les trois autres.
« Une peine qui leur permettrait de revenir dans la société », a plaidé Me Diagne pour les trois prévenus dont il reconnait leur participation à la manifestation.
Le verdict sera rendu le 02 septembre prochain.

