Adama SENE Teranganews Saint-Louis
La gestion des déchets reste et demeure une véritable menace pour la protection de l’environnement. Un fléau dont le département de Podor n’est pas exempt. D’ailleurs c’est dans ce cadre que l’association Africain Journaliste Forum (AJF) a organisé une visite de terrain pour sensibiliser les autorités locales, les populations, les partenaires et les décideurs publics sur le laborieux problème de la prise en charge des déchets générés par les «loumas» du département de Podor. Ainsi une quinzaine de journalistes se sont rendus sur les sites de Thillé-Boubacar, Tarédji et à Agnam pour constater de visu l’état d’insalubrité des marchés hebdomadaires. Un casse-tête qui hante le sommeil des collectivités locales.
Après la visite à Gueumbeul dans le Gandiol pour alerter sur les menaces environnementales du parc, des membres de l’association Africain Journaliste Forum (AJF) en partenariat avec la plateforme d’alerte sur le péril environnemental au Sénégal (PAPES), se sont rendus dans le département de Podor pour tirer également la sonnette d’alarme sur le danger de la mauvaise gestion des déchets générés dans les loumas du Fouta. A en croire le président de l’AJF, souvent dans les localités où se tiennent les loumas, le système de gestion des questions liées à l’environnement fait, presque, défaut. « Ce qui provoque que les lendemains de leurs tenues, la nature est agressée avec des quantités impressionnantes de déchets abandonnées dans les rues, sans parfois aucun système de nettoyage profitable aux terroirs » a expliqué René Massiga Diouf.
Avant de poursuivre qu’après les marchés hebdomadaires ce sont des décharges à ciel ouvert, des déchets de toutes sortes qui sont laissés sur place des jours après les « loumas », polluant l’environnement et portant atteinte au cadre de vie. « Cette situation préjudiciable aux écosystèmes humains, fauniques, marins, la flore, entre autres, négligée, est lourde de danger pour les populations, la nature, et les autres êtres vivants car favorisant des maladies et créant des problèmes environnementaux aux conséquences incalculables sur la nature» a insisté M. Diouf.
Revenant sur le choix porté sur les 03 sites de «loumas» du département de Podor pour cette vaste campagne de sensibilisation, le président de l’AJF a rappelé, que celui-ci se justifie par leur référence stratégique et l’illustration parfaite d’une situation propre à plusieurs localités de la zone. Pour lui, plus de 15 marchés hebdomadaires sur un rayon de 13 000 km2 sont recensés dans cette partie du Fouta. D’ailleurs ceux d’Agnam et de Tarédji sont parmi les plus fréquentés du département de Podor tandis que celui de Thillé Boubacar, son aura a fini de dépasser les frontières régionales.
A en croire René Massiga Diouf, si ces loumas sont des rendez-vous importants entre vendeurs et acheteurs, néanmoins les milliers de tonnes de déchets qui sont souvent déversés dans la nature avant, pendant et après ces marchés constituent une bombe écologique à désamorcer. D’où l’urgence pour les autorités locales et les populations, à prendre au sérieux le fléau pour la sauvegarde de l’environnement. Pourtant la plupart des maires des localités visitées ont avoué leur impuissance à faire face à ce problème environnemental, même ils sont conscients des dangers que constituent les ordures ménagères non ramassées.

