Difficile était de savoir combien aller signer l’accord du traité instituant la Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Au finish, 47 pays l’ont signé, officialisant la création de la ZLEC. Une étape essentielle pour doper le commerce intra-africain. La Zlec, projet phare de l’Union africaine en réflexion depuis 2012, a réuni une trentaine de chefs d’Etats à Kigali.
Mohamadu Buhari n’y a pas pris part, en cette matinée du mercredi 21 mars 2018. Le Nigeria, l’une des grandes économies du continent, n’a donc pas signé ce traité qui à terme, va créer le plus vaste marché du monde.
Le Nigéria dit avoir besoin de plus de temps pour étudier et discuter des détails de cet accord avec le milieu local des affaires avant de s’y engager.
Autre absent, le Président burundais Pierre Nkurunziza. Son porte-parole adjoint Alain Diomede Nzeyimana a justifié cette absence par l’état des relations entre le Burundi et le Rwanda. Bujumbura accuse Kigali de soutenir l’opposition. Mais il précise que le Burundi pourrait signer le traité plus tard si c’est dans l’intérêt national.
Le problème de fond étant la nature de l’économie des pays africains, comme l’explique l’analyste économique Michael Kottoh : « L’une des difficultés pour le commerce africain, c’est que les pays africains font très peu de fabrication et de transformation au niveau local, mais ils produisent surtout des matières premières et des services comme on a pu l’observer ces dix ou vingt dernières années. Si la Zone de libre-échange continentale fonctionne, il est important que nous voyions plus de fabrication et transformation agricole et de produits de transformation en général sur le continent. Car il y a très peu de production pour commercer avec nos pays voisins. »
Le projet pourrait réunir 1,2 milliard de personnes avec un PIB cumulé de 2 500 milliards de dollars. Elle s’inscrit dans le cadre d’un processus qui doit mener à la création d’un marché commun d’ici 2028, et d’une union économique et monétaire en Afrique.
La ZLEC devrait rassembler les pays membres de l’Union africaine qui auront un marché unique de plus d’un milliard de personnes et représentant un PIB de plus de 3 400 milliards de dollars.
Avec la ZLEC, chacun des 54 Etats du continent sera appelé à abaisser ses barrières douanières, libéraliser les services, et ouvrir son marché pour booster les échanges entre pays africains.
L’accord doit être ratifié à l’échelle internationale par 22 pays après la signature pour entrer en vigueur.
La décision d’instaurer un marché commun continental remonte au traité d’Abuja de 1991.

