À quelques semaines de la célébration de la Tabaski, l’inquiétude grandit au Sénégal face à une possible pénurie de moutons. La crise sécuritaire et les perturbations du transport au Mali, principal fournisseur de bétail du marché sénégalais, compliquent fortement l’approvisionnement des commerçants et des éleveurs.
Chaque année, des milliers de moutons transitent depuis le Mali vers le Sénégal pour répondre à la forte demande liée à cette fête musulmane. Mais cette fois, l’insécurité persistante sur plusieurs axes routiers maliens et les difficultés logistiques ralentissent considérablement les échanges commerciaux.
Des acteurs du secteur pastoral sénégalais alertent déjà sur les conséquences de cette situation. Réunis récemment à Thiès, des responsables d’organisations d’éleveurs ont évoqué un risque réel de déficit en bétail à l’approche de la fête religieuse. Ils craignent également une hausse importante des prix sur les marchés sénégalais.
Dans plusieurs points de vente, les commerçants constatent déjà une baisse du nombre de moutons disponibles. Les coûts du transport et de l’alimentation du bétail connaissent également une augmentation, aggravant davantage les difficultés pour les vendeurs comme pour les consommateurs.
Face à cette menace, les autorités sénégalaises tentent de diversifier leurs sources d’approvisionnement, notamment à travers une coopération renforcée avec la Mauritanie. Dakar cherche ainsi à limiter l’impact de la crise malienne sur l’organisation de la Tabaski et à éviter une flambée incontrôlée des prix.
Au-delà de l’aspect économique, cette situation illustre aussi les conséquences régionales de l’instabilité sécuritaire au Sahel. Le blocage partiel de certaines routes commerciales au Mali perturbe désormais plusieurs secteurs essentiels en Afrique de l’Ouest, y compris le commerce du bétail lié aux grandes célébrations religieuses.
Genèse MOUKAHA

