La République de Guinée a confirmé ce mardi 25 février 2026 l’interpellation de seize militaires originaires de Sierra Leone, au lendemain d’un incident survenu à la frontière entre les deux pays.
Selon un communiqué de l’état-major général des Forces armées guinéennes, ces soldats auraient pénétré « sans autorisation » dimanche dans une zone située à environ 1,4 km à l’intérieur du territoire guinéen, dans le district de Koudaya, en préfecture de Faranah. Là-bas, ils auraient dressé une tente et hissé leur drapeau avant d’être interpellés. Leur matériel a été saisi et confié à la police judiciaire dans le cadre d’une enquête.
Les autorités guinéennes ont salué « le professionnalisme » de leurs troupes et appelé à une vigilance accrue pour protéger l’intégrité territoriale du pays.
Mais la version fournie par Freetown diverge nettement. D’après le ministère de l’Information de Sierra Leone, des forces guinéennes auraient franchi sa frontière nord, lundi, dans la localité de Kalieyereh (district de Falaba), où des soldats et policiers sierra-léonais travaillaient à la construction d’un poste frontière et d’un centre d’hébergement pour les opérations de sécurité. Les autorités de Sierra Leone affirment que des membres de leurs forces ont été arrêtés et leurs armes saisies avant d’être emmenés en Guinée.
Africa News souligne que ce différend survient dans un contexte de tensions anciennes entre les deux nations, qui partagent une frontière de plus de 700 kilomètres marquée par des litiges territoriaux hérités de la période de guerre civile sierra-léonaise (1991-2002).
Freetown a indiqué qu’elle mobilise des canaux diplomatiques et de sécurité pour obtenir la « libération sûre et inconditionnelle » de ses militaires, tout en informant les organisations régionales pour une résolution pacifique de la crise.
Genèse MOUKAHA

