Les élections présidentielle et législatives organisées ce jeudi en Ouganda se déroulent dans un climat politique tendu, marqué par des accusations de fraudes, des perturbations logistiques et de fortes restrictions sécuritaires.
Le président sortant, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quarante ans, brigue un nouveau mandat face à une opposition déterminée, incarnée notamment par Bobi Wine, figure populaire auprès de la jeunesse. Pour l’opposition, ce scrutin manque de transparence et vise à maintenir le chef de l’État en place.
Dans plusieurs régions du pays, le vote a été ralenti par des retards dans l’ouverture des bureaux, liés à des problèmes techniques et à l’acheminement tardif du matériel électoral. Des électeurs ont dû patienter de longues heures avant de pouvoir accomplir leur devoir civique, suscitant frustration et colère.
Les autorités, de leur côté, parlent de difficultés organisationnelles ponctuelles et assurent que le processus électoral se poursuit normalement. Mais les partis d’opposition dénoncent des manœuvres délibérées destinées à freiner la participation, en particulier dans les zones favorables à leurs candidats.
D’après Africa News, le scrutin se tient également dans un contexte de restriction des libertés, avec une limitation de l’accès à Internet et une présence sécuritaire renforcée dans les grandes villes. Ces mesures, officiellement justifiées par des impératifs de sécurité, ont été critiquées par plusieurs organisations internationales.
Alors que le dépouillement n’a pas encore commencé, la crainte de tensions post-électorales demeure vive dans le pays, où les précédentes élections avaient déjà été marquées par des violences et des contestations.
Genèse MOUKAHA

