Abidjan, le 29 juillet 2025 – Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé ce lundi sa candidature à l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre prochain. À 83 ans, le chef de l’État sortant entend briguer un quatrième mandat, invoquant la légalité constitutionnelle et sa bonne condition physique.
« Oui, je suis candidat parce que la Constitution de notre pays m’autorise à faire un autre mandat et ma santé le permet », a-t-il déclaré, lors d’une rencontre avec ses partisans. Cette annonce met fin à des mois de spéculation autour de sa volonté de se maintenir au pouvoir, après près de quinze années à la tête du pays.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, à l’issue d’une crise post-électorale meurtrière, Alassane Ouattara a su asseoir son autorité sur la scène politique ivoirienne, malgré des tensions récurrentes avec l’opposition. Réélu en 2015 puis en 2020, sa candidature suscite toutefois de vives critiques. De nombreuses voix dénoncent une dérive autoritaire, évoquant un “mandat de trop”, bien que la réforme constitutionnelle de 2016 ait réinitialisé le compteur des mandats selon le Conseil constitutionnel.
Le contexte politique est marqué par un affaiblissement notable de l’opposition. Plusieurs figures majeures telles que Laurent Gbagbo, ancien président, et l’ex-banquier Tidjane Thiam ont été déclarées inéligibles pour divers motifs judiciaires ou administratifs. Cette situation ouvre largement la voie à une possible réélection de Ouattara, face à une classe politique morcelée et affaiblie.
Selon le journal Africanews, sur le plan économique, le président mise sur la stabilité et la croissance pour renforcer sa légitimité. Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 6,3 % pour la Côte d’Ivoire en 2025, un argument fort pour ses partisans.
Mais au sein de la population, l’annonce ne fait pas l’unanimité. Si certains saluent l’expérience et la stature internationale du chef de l’État, d’autres redoutent un essoufflement démocratique et appellent à un renouvellement du leadership.
L’élection présidentielle d’octobre s’annonce donc cruciale pour l’avenir politique du pays, dans un climat où se mêlent enjeux institutionnels, défis sécuritaires et aspirations populaires au changement.
Genèse MOUKAHA

