De Abdoulaye FAYE, correspondant de Teranganews à Diourbel
Les relations entre élèves et l’administration du lycée d’enseignement général (LEG) de Diourbel, et le corps professoral, sont troublées pour cause l’achat de matériels didactiques et depuis règne dans ce Lycée un climat de suspicion mais les enseignements se poursuivent normalement.
Suite à la rencontre du conseil de gestion du LEG « tardivement » convoqué par le proviseur du lycée, le gouvernement scolaire par le biais de sa présidente a effectué des mouvements d’humeur en donnant aux autorités de l’établissement un ultimatum pour éclaircir leur lanterne sur le budget et sur la gestion des fonds des inscriptions des élèves.
Suite au mouvement d’humeur des élèves, les différents partis prenants et membre du conseil de gestion (CGE) ont tenu à apporter des éclaircissements sur la situation actuelle que le lycée traverse depuis quelques semaines. Un des mandataires des enseignants dans le CGE, Monsieur Diallo, professeur d’Anglais, s’est mis à éclairer, dans un point de presse, que les professeurs ne sont pas en mouvement de grève. « Ce point de presse, c’est juste pour apporter des éclairages. La première chose est que les professeurs du lycée de Ndayane ne sont pas en mouvement, nous ne sommes pas allés en grève », a fait M. Diallo.
Le problème que traverse le temple du savoir de Ndayane, selon le professeur d’Anglais, est un problème de conseil de gestion (CGE). « Il est normal pour tout établissement scolaire de disposer un conseil de gestion (CGE) qui compose le proviseur, le censeur, l’intendant, les délégués des professeurs, les surveillants, le gouvernement scolaire et les parents d’élèves. C’est nous qui vote le budget de l’établissement et de le mettre à la disposition du proviseur. Ici au lycée, il y a manière de faire d’ailleurs c’est comme ça qu’il doit aller. Le CGE doit se réunir minimum deux (02) fois durant l’année. C’est ça qui est normal », a affirmé M. Diallo. Après avoir voté le budget, le conseil de gestion a demandé au proviseur, selon le mandataire des enseignants, de convoquer plus tard en janvier une nouvelle rencontre pour faire l’état des lieux du nombre d’élèves inscrits afin de pouvoir validée le budget. Tardivement convoqué, le proviseur a finalement convoqué le conseil de gestion en Avril d’où, selon toujours Monsieur Diallo, « le proviseur a constaté qu’il ne reste pas assez d’argent dans les caisses ». « Je peux même dire qu’il ne reste rien au niveau des caisses. Aujourd’hui si une machine tombait en panne on aurait un sérieux problème », a dit M. Diallo.
« (…) On lui avait dit d’acheter des nouveaux machines et il a dit qu’il les a achetés parce que celui qui gère les tirages, il a confirmé qu’il avait vu deux nouveaux machines mais les machines n’ont pas resté ici une semaine en déclarant que les machines sont tombés en panne. Chaque machine a été achetée à 1 400 000F et l’année dernière il avait acheté deux autres machines. Donc ça, c’est un problème. Et sur les effectifs des élèves aussi il y a un problème. Il a écrit que le nombre des élèves inscrits sont 2 981 mais ceux qui sont dans les salles de classe sont 3 045. Et nous lui demandons pourquoi les autres ne sont pas inscrits et ils sont dans les classes et il nous a répondu qu’il a fait tout mais il n’y a aucun pouvoir sur ça. Quand il a dit ça, je lui ai posé une question quand il a répondu je l’ai dit que je crois que ces élèves sont inscrits ou il faut nous dire concrètement pourquoi ces élèves ne sont pas inscrits. Si on fouille également le budget, si tu prends les associations sportives, ils ont ce qu’on appelle des fonds compressives, des fonds qui leurs appartiennent. C’est-à-dire, 200F par élève. Cela veut dire, ils ont une somme de 600 000F. Il y a une part environ 400 000F que les associations sportives ont consommé mais le proviseur a soutenu que leur budget allouer est fini. C’est par là qu’un des délégués des professeurs qui est professeurs d’EPS qui l’a répondu que notre argent n’est pas fini ça reste. Quand le proviseur a repris la parole, il l’a dit que je me suis trompé, le document que je vous remis n’est pas le bon document. Et on lui dit que donc proviseur il faut qu’on lève la séance afin que tu puisses refaire le document et de convoquer une fois terminé une nouvelle rencontre. », révèle-t-il.
Après la sortie d’un des mandataires des professeurs, la présidente du gouvernement scolaire du lycée Aïcha Ndiaye qualifie ses allégations « flagrantes ».
« Les documents produits par les délégués et déposés sur le bureau des autorités en charge de l’éducation constituent une base scientifique exploitable pour savoir s’il s’agit d’un règlement de compte ou d’un devoir d’assurer pleinement leur rôle de mandataires des professeurs », constate-t-elle.
« Le corps professoral du LEG, véritable crème et constellation d’intelligence est-il aussi stupide et malléable pour être utilisé comme bouclier pour solder des comptes privés ? Que l’on ne nous prenne pas pour des moutons de Panurge pour insulter notre intelligence », a soutenu la jeune demoiselle.
« Cette situation que traverse l’école et qui ne devrait même pas se poser à mon avis pour une simple correction d’un document que le proviseur lui-même a qualifié de « mauvais » est transformé en un soit disant combat fratricide. Pourtant toutes les parties prenantes du CGE savent, au fond de leur conscience que le document est truffées d’irrégularités. (…) Que l’on ne déplace pas l’objet de ce problème. Les délégués sont en train de faire un travail qui épouse le principe du fonctionnement correct d’un CGE et ne demandent qu’à avoir le bon document après que le proviseur ait affirmé qu’ils ont travaillé sur un mauvais document. C’est juste ce bon document qui servira de base de travail et permettrait alors d’avoir le cœur net sur la gestion financière des ressources de l’établissement. À défaut, aucun ni personne ne pourrait nous faire croire ou faire croire à l’opinion que l’ordinateur des dépenses du LEG est un modèle de gestionnaire financier. Après l’éclatement de cette affaire, toutes les parties prenantes devraient souhaiter qu’une mission d’audit indépendante soit envoyée au LEG pour fouiller sans complaisance cette gestion. Seul ce rapport d’audit peut en ce moment dédouaner le proviseur du moment où cette information est glissée jusque dans les méandres de la ville de Diourbel », rajout-elle.
Nouveau président de l’APE du lycée de Ndayane, Bassirou Bandar Ndiaye, demande aux élèves de se retirer sur ce combat. « Nous qui sommes leur parent ce qu’on leur demande, c’est de se retirer, ce combat ce n’est pas leur combat. C’est les adultes qui s’y frottent. Donc, ils (élèves) n’ont rien en faire sur ce combat. C’est ça la vérité. (…) Moi en tant que parent d’élève, parce que je reçois des informations et je suis en contact direct avec les autorités. Quand l’affaire a eu lieu, on a rendu visite les autorités (académiques) en place et de leurs faire part de notre opinion sur cette affaire. Mais quand on a réalisé que nos enfants on doit les retirer sur cette affaire parce que ce n’est plus sûr, on est allé parler avec leurs parents et de leur demander de dire aux enfants de se retirer sur cette affaire. Parce que s’il y a combat à mener ce n’est pas eux de le faire parce que les inscriptions qu’ils réclament, ceux sont les parents qui les ont donné. Donc, s’ils croient qu’il y a un détournement leur devoir c’est de rendre compte leurs parents. C’est ça la bonne démarche », a affirmé le président de l’APE du lycée.

