De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Ce fut encore un lundi matin de front à l’université Gaston Berger. Une rude confrontation avec les forces de l’ordre devant le grand portail de l’université Gaston Berger. Des heurts qui ont occasionné des blessés légers dans les rangs des étudiants de l’Ugb. Les pensionnaires de Sanar ont barré la RN2 perturbant la circulation pendant des heures sur cet axe pour réclamer de meilleures conditions de vie et d’étude.
L’ année universitaire est mal engagée à l’Ugb. Quelques semaines seulement après l’ouverture, les enseignements sont déjà perturbés par de nombreux mouvements de cessation de toutes activités pédagogiques et de journées sans tickets (Jst). Après une assemblée générale d’urgence tenue hier au campus social, les responsables de la coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl), ont décrété une grève de 72 heures sans activités pédagogiques et de 120 heures de journées sans tickets (Jst). Ainsi pour marquer leur mécontentement et attirer l’attention des autorités de l’enseignement supérieur, ils ont de nouveau envahi la route nationale 2 en la bloquant par des pneus brûlés et des troncs d’arbres. Ce qui a amené les forces de l’ordre à intervenir violemment pour rétablir l’ordre et le trafic.
D’ailleurs les gendarmes déployés sur le terrain ont recouru à des tirs de grenades lacrymogènes pour disperser les groupes d’étudiants déterminés à en découdre. En répondant aux bombes lacrymogènes des gendarmes par des jets, les étudiants obligés de battre en retraite au campus social, ont enregistré dans leur camp 8 blessés, qui ont été évacués vers le centre médical du Crous.
8 étudiants blessés et évacués au centre médical
Trouvé au chevet de ces camarades blessés, le président de séance, Amadou Ndiaye, a déploré les dures conditions de vie et d’étude des étudiants de l’Ugb.
Pour lui, les autorités universitaires ne sont pas sensibles aux nombreuses difficultés auxquelles les 17.000 étudiants de l’Ugb sont quotidiennement confrontés pour survivre. » Sans se tromper, on peut dire que les dures conditions des étudiants de l’Ugb ne préoccupent pas les autorités, sinon elles nous auraient prêté une oreille attentive. Rien ne va l’Ugb. Les problèmes des années passées sont au même stade et elles continuent de nous des milliers de nouveaux bacheliers » a fustigé Amadou Ndiaye.
Avant d’ajouter que le manque de volonté des autorités universitaires de Saint Louis de trouver des solutions à leurs problèmes, s’est encore manifesté la semaine dernière. « Mardi dernier, au cours d’une audience avec le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, la Cesl est venue avec des propositions concrètes mais à l’inverse nous avons constaté que les autorités universitaires de Saint-Louis n’avaient même pas eu le réflexe de préparer cette séance de travail. Une attitude qui démontre que la situation des étudiants ne les préoccupe pas » a poursuivi le président de séance de la Cesl.
Enfonçant le clou, sa camarade et responsable à la Cesl, Fatoumata Sané a rappelé que les étudiants de Saint-Louis poursuivront le combat, jusqu’à la satisfaction de leur plateforme revendicative. » il faut que les autorités trouver des solutions d’ augmenter la capacité d’accueil, parce qu’il y a un manque criard de logements, pourtant des milliers de nouveaux bacheliers sont envoyés à l’Ugb.
On note depuis quelques années les modiques capacités d’accueil des restaurants universitaires face au nombre pléthorique d’étudiants. D’ailleurs nous souffrons des queues interminables devant les restaurants universitaires. Malgré les promesses, il a toujours un manque d’eau potable. Les chambres sont bondées de monde, nous vivons à 6 ou 7 dans les chambres au moment où de nombreux nouveaux bacheliers continuent d’être orientés ici » a dénoncé la représentante des étudiants, Fatoumata Sané.

