Les cas de féminicides explosent. 50 000 femmes ont été tuées dans le monde par un partenaire intime ou un membre de leur famille, selon un rapport de ONU Femmes.
58 % d’entre elles ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille, selon le rapport.
L’information est dans la Une du journal Le Quotidien de ce jeudi qui a exploité un rapport de ONU Femmes intitulé et qui relate l’ampleur des « féminicides au Sénégal : Silence, on tue ». Selon ONU Femmes, « en Afrique, le Sénégal est le pays le plus dangereux pour les femmes ». Comme pour renforcer ce constat malheureux, l’écrivaine Ken Bugul indique que « c’est une société violente, répressive ».
En effet, « entre janvier 2019 et mars 2020, pas moins de 21 meurtres de femmes ont été enregistrés. Au premier trimestre de l’année en cours, cinq femmes ont été tuées au Sénégal. »
Si 68 % des victimes de violences conjugales ne font ni recours à la justice ni dénoncer ces actes, les féministes « +regrettent le silence de nos autorités+ et étrillent aussi la presse dans la manière dont elle traite les informations sur les violences faites aux femmes ».
A rappeler que cette dernière semaine au Sénégal, trois femmes ont été tuées et une tentative de meurtre a été signalée.
Déjà en 2021, « une étude menée par le Groupe d’études et de recherches sur les sociétés et le genre (Geste) de l’université Gaston Berger de Saint Louis en 2014, a permis de mesurer la prévalence des violences domestiques, avec un taux moyen de 55,3%. Mais ce pourcentage cache des disparités, puisque la région de Diourbel comptabilise les chiffres les plus élevés, avec 72%, contre 41,8% pour Saint Louis, le chiffre le plus bas. Et ces chiffres montrent surtout qu’à 62%, ce sont des hommes qui sont responsables de ces violences. »
Selon Onu Femmes toujours « au Sénégal, les enquêtes montrent que 24% des femmes de 15 à 49 ans sont excisés avant 15 ans et que le 1/3 des filles est marié avant 15 ans, avec des zones de fortes prévalences atteignant 60% à Kolda, Tamba et Matam. Outre les violences sexuelles et pratiques culturelles néfastes, les femmes subissent des violences économiques, notamment des refus de payer la pension ou refus de prise en charge. La pauvreté et une structure sociale patriarcale qui favorise la domination des hommes sur les femmes, l’analphabétisme et la méconnaissance de leurs droits et l’absence de la culture de la dénonciation, sont quelques-unes des raisons à cette forte prévalence. »
À l’échelle européenne, c’est l’Allemagne qui compte le plus de victimes tuées par un conjoint ou ex-conjoint. En effet, selon le dernier rapport de l’Eurostat, l’Allemagne compte 189 femmes tuées en 2017.
Derrière elle, la France avec 123 meurtres, puis la Roumanie (83), le Royaume-Uni (70), l’Italie (65), et l’Espagne (54). Il n’est pas anodin de rappeler que le 22 novembre dernier le collectif français, “Féminicides par compagnons ou ex” a annoncé le décès d’une 137e femme, depuis le 1er janvier 2019.

